Un soleil froid et morne se couchait sur la Manche. Une jeune fille l'admirait, agrippée à la balustrade du ferry à destination de Londres. Cette fille âgée de huit ans était comme toutes les petites filles de son âge. Elle avait de longs cheveux bruns noués en tresse dans le dos. Ses yeux d'ordinaire bleus avaient pris de beaux reflets verts, inondés par l'éclat orangé du soleil couchant. Un homme d'une trentaine d'années l'observait de loin, semblant la reconnaître sans parvenir à se rappeler son nom. L'ayant remarqué, la fillette fit mine de l'ignorer. « Pourquoi me fixe-t-il comme ça, lui ? » pensa-t-elle. L'astre rougeoyant disparaissait derrière l'horizon, la luminosité baissait de minute en minute. Dans la pénombre, le ferry aurait pu paraître abandonné s’il n’avait pas été éclairé. L’obscurité et le fait de se retrouver seule avec un homme qui la regardait bizarrement ne rassuraient guère la jeune fille. Cette dernière se précipita à l’intérieur pour rejoindre ses parents. Ces derniers étaient à la cafétéria.
– Papa ! Maman ! s'écria-t-elle.
– Ah, te voilà, Sacha , lui répondit son père.
– Papa, il y avait un monsieur qui me regardait bizarrement sur le pont.
– Ah, oui ? Peut-être te trouvait-il jolie... ?
– J’ai peur...
– Ne t’inquiète pas , tu te fais des films. Tu veux quelque chose à boire ?
– Oui, un chocolat chaud.
– Le chocolat de Sacha ! annonça un serveur en lui apportant une tasse fumante.
– Excusez moi, jeune homme, intervint sa mère, nous n’avons pas encore commandé. Comment saviez vous...
– Mais enfin, c’est ce qu’elle commande à chaque fois !
– Mais c’est la première fois que nous...
– Au revoir ! lança le serveur en s’éloignant.
La confusion régnait autour de la table. Les parents de Sacha ne comprenaient pas ce qu’il venait de ce passer. La fillette paraissait plus désorientée que ses parents. Comment le serveur connaissait-il son nom ? Sacha et ses parents avaient les yeux rivés sur le chocolat chaud qu’avait apporté le serveur. Elle n’osait pas y toucher. Les Lenoir déposèrent l’argent sur la table, se levèrent, et partirent. Sur le chemin de leur suite, les gens se retournaient sur leur passage, dévisageant Sacha. Cette dernière prit la main de sa mère, de moins en moins rassurée. Un jeune homme de l’équipage les accueillit devant la porte de leur suite :
– Ah, vous voilà ! Ce sont tes parents Sacha ?
– Comment connaissez vous mon nom ? cria-t-elle.
– Bien, je vous souhaite un agréable séjour sur le ferry, bon voyage !
– Attendez ! ordonna monsieur Lenoir.
Mais le jeune partit, indifférent aux cris de la fillette et aux vociférations de son père. La mère ouvrit la porte.
– Ah ! Et les valises ? s’étonna son mari. Où sont les valises ?
– Elle sont là, dit la mère, d’une voix aussi faible qu’incrédule.
– Comment...
– J’ai pris la liberté de vous les faire apporter, intervint un homme.
C’était celui qui regardait Sacha sur le pont. L’ayant reconnu, la peur la gagna .
– Papa, c’est lui qui me regardait sur le pont, tout à l’heure.
– Qui êtes vous ? Que voulez vous ? dit ce dernier, méfiant.
– Eh bien Sacha, tu ne me reconnais pas ?
– Je... Je ne vous ai jamais vu.
– Laissez-nous maintenant, ordonna la mère de Sacha d’un ton glacial.
– Bon... Je ne vais pas t’importuner plus longtemps. Bonsoir, Sacha.
Ils le regardèrent partir, jusqu'à ce qu’il se retourne au bout du couloir. En s’installant, ils repensèrent aux personnes qui avaient reconnu Sacha, alors qu’ils ne l’avaient jamais vue.
Quand ils furent couchés, monsieur et madame Lenoir lurent. Sacha était perdue dans ses pensées. Les événements de la soirée l’avait quelque peu marquée. Tout à coup, les lampes s’éteignirent.
– Qu’est-ce que c’est ? s’écria Sacha, effrayée.
– Ce n’est rien, ce doit être une panne de courant.
– Essaye de dormir, ma chérie, rassura sa mère.
– D’accord...
Elle s’endormit en quelques minutes.
Aux environs de minuit, la fillette se réveilla en sursaut, en criant.
– Qui y a-t-il ? s'inquiéta son père.
– Ils étaient tous là ! Le serveur, le monsieur de l’accueil, le monsieur du pont !
– Calme-toi, tu as fais un cauchemar.
On frappa à la porte. Monsieur Lenoir se leva et ouvrit. Un homme d’une quarantaine d’années entra et s’adressa directement à Sacha :
– Je suis désolé Sacha. Le générateur principal est en panne et nous ne pourrons pas repartir avant que mes techniciens ne l’ait réparé.
– Qui êtes-vous ? demanda la fillette, toujours apeurée.
– Tu ne me reconnais pas ? Je suis le capitaine de ce ferry voyons !
– C’est le première fois que nous prenons ce ferry, monsieur, dit madame Lenoir.
– Nous devrions repartir dans la matinée de demain. Bonsoir.
Le capitaine sortit et ferma la porte derrière lui. Un silence froid et tendu flottait dans la pièce. Tout à coup, Sacha éclata en sanglots :
– Pourquoi tout le monde connaît mon nom ?
Ses parents se regardèrent et ne répondirent pas.
– Ça suffit, dit le père fermement. Il va me dire pourquoi il connaît ton nom. De gré ou de force !
Il sortit d’un pas décidé. Des larmes coulaient encore sur les joues de la petite fille. Elle attendit avec sa mère pendant une heure, puis deux. Arrivée à la troisième heure d’attente , voyant sa fille endormie, madame Lenoir décida de rejoindre son mari.
Quand elle se réveilla, Sacha ne trouva ni son père ni sa mère dans la suite. Le réveil sur la table de chevet indiquait trois heures du matin. Elle risqua quelques pas dans le couloir, avança prudemment jusqu'à arriver au pont. Il n’y avait pas âme qui vive. A trois heures du matin, cela aurait pu paraître normal si une étrange atmosphère n’enveloppait pas le ferry. Elle chercha la cabine du capitaine pendant un moment. Quand elle l'eut enfin trouvée, elle constata qu’elle était vide. La fillette commença à paniquer. Elle fit le tour du bateau mais ne vit personne. Aucune suite n’était occupée. Sacha était incontestablement seule sur le bateau, en panne, au beau milieu de la Manche...
– Papa ! Maman ! s'écria-t-elle.
– Ah, te voilà, Sacha , lui répondit son père.
– Papa, il y avait un monsieur qui me regardait bizarrement sur le pont.
– Ah, oui ? Peut-être te trouvait-il jolie... ?
– J’ai peur...
– Ne t’inquiète pas , tu te fais des films. Tu veux quelque chose à boire ?
– Oui, un chocolat chaud.
– Le chocolat de Sacha ! annonça un serveur en lui apportant une tasse fumante.
– Excusez moi, jeune homme, intervint sa mère, nous n’avons pas encore commandé. Comment saviez vous...
– Mais enfin, c’est ce qu’elle commande à chaque fois !
– Mais c’est la première fois que nous...
– Au revoir ! lança le serveur en s’éloignant.
La confusion régnait autour de la table. Les parents de Sacha ne comprenaient pas ce qu’il venait de ce passer. La fillette paraissait plus désorientée que ses parents. Comment le serveur connaissait-il son nom ? Sacha et ses parents avaient les yeux rivés sur le chocolat chaud qu’avait apporté le serveur. Elle n’osait pas y toucher. Les Lenoir déposèrent l’argent sur la table, se levèrent, et partirent. Sur le chemin de leur suite, les gens se retournaient sur leur passage, dévisageant Sacha. Cette dernière prit la main de sa mère, de moins en moins rassurée. Un jeune homme de l’équipage les accueillit devant la porte de leur suite :
– Ah, vous voilà ! Ce sont tes parents Sacha ?
– Comment connaissez vous mon nom ? cria-t-elle.
– Bien, je vous souhaite un agréable séjour sur le ferry, bon voyage !
– Attendez ! ordonna monsieur Lenoir.
Mais le jeune partit, indifférent aux cris de la fillette et aux vociférations de son père. La mère ouvrit la porte.
– Ah ! Et les valises ? s’étonna son mari. Où sont les valises ?
– Elle sont là, dit la mère, d’une voix aussi faible qu’incrédule.
– Comment...
– J’ai pris la liberté de vous les faire apporter, intervint un homme.
C’était celui qui regardait Sacha sur le pont. L’ayant reconnu, la peur la gagna .
– Papa, c’est lui qui me regardait sur le pont, tout à l’heure.
– Qui êtes vous ? Que voulez vous ? dit ce dernier, méfiant.
– Eh bien Sacha, tu ne me reconnais pas ?
– Je... Je ne vous ai jamais vu.
– Laissez-nous maintenant, ordonna la mère de Sacha d’un ton glacial.
– Bon... Je ne vais pas t’importuner plus longtemps. Bonsoir, Sacha.
Ils le regardèrent partir, jusqu'à ce qu’il se retourne au bout du couloir. En s’installant, ils repensèrent aux personnes qui avaient reconnu Sacha, alors qu’ils ne l’avaient jamais vue.
Quand ils furent couchés, monsieur et madame Lenoir lurent. Sacha était perdue dans ses pensées. Les événements de la soirée l’avait quelque peu marquée. Tout à coup, les lampes s’éteignirent.
– Qu’est-ce que c’est ? s’écria Sacha, effrayée.
– Ce n’est rien, ce doit être une panne de courant.
– Essaye de dormir, ma chérie, rassura sa mère.
– D’accord...
Elle s’endormit en quelques minutes.
Aux environs de minuit, la fillette se réveilla en sursaut, en criant.
– Qui y a-t-il ? s'inquiéta son père.
– Ils étaient tous là ! Le serveur, le monsieur de l’accueil, le monsieur du pont !
– Calme-toi, tu as fais un cauchemar.
On frappa à la porte. Monsieur Lenoir se leva et ouvrit. Un homme d’une quarantaine d’années entra et s’adressa directement à Sacha :
– Je suis désolé Sacha. Le générateur principal est en panne et nous ne pourrons pas repartir avant que mes techniciens ne l’ait réparé.
– Qui êtes-vous ? demanda la fillette, toujours apeurée.
– Tu ne me reconnais pas ? Je suis le capitaine de ce ferry voyons !
– C’est le première fois que nous prenons ce ferry, monsieur, dit madame Lenoir.
– Nous devrions repartir dans la matinée de demain. Bonsoir.
Le capitaine sortit et ferma la porte derrière lui. Un silence froid et tendu flottait dans la pièce. Tout à coup, Sacha éclata en sanglots :
– Pourquoi tout le monde connaît mon nom ?
Ses parents se regardèrent et ne répondirent pas.
– Ça suffit, dit le père fermement. Il va me dire pourquoi il connaît ton nom. De gré ou de force !
Il sortit d’un pas décidé. Des larmes coulaient encore sur les joues de la petite fille. Elle attendit avec sa mère pendant une heure, puis deux. Arrivée à la troisième heure d’attente , voyant sa fille endormie, madame Lenoir décida de rejoindre son mari.
Quand elle se réveilla, Sacha ne trouva ni son père ni sa mère dans la suite. Le réveil sur la table de chevet indiquait trois heures du matin. Elle risqua quelques pas dans le couloir, avança prudemment jusqu'à arriver au pont. Il n’y avait pas âme qui vive. A trois heures du matin, cela aurait pu paraître normal si une étrange atmosphère n’enveloppait pas le ferry. Elle chercha la cabine du capitaine pendant un moment. Quand elle l'eut enfin trouvée, elle constata qu’elle était vide. La fillette commença à paniquer. Elle fit le tour du bateau mais ne vit personne. Aucune suite n’était occupée. Sacha était incontestablement seule sur le bateau, en panne, au beau milieu de la Manche...