- « 97, 98, 99. »
La petite Sacha, blondinette de huit ans visite le ferry en comptant les marches sur lesquelles elle pose ses jolis petits souliers rouges. L’escalier est décoré d’un magnifique et rarissime tableau d’Ympas qu’elle manque de faire tomber mais qu’elle rattrape de justesse. Le ferry qu’elle explore comporte quatre étages, un restaurant et les grooms sont disponibles à tout moment durant le trajet reliant Marseille à la Sicile. Ses parents sont déjà dan une cabine d’où ils ne sortiront pas. Sacha frappe à la porte numéro 1408 du troisième étage.
- «Bonjour m’man, bonjour p’pa ! Vous allez mieux ?
- On tient le coup, lui répondent-ils.»
Les parents de Sacha sont comme leur petite fille des gens de taille normale, sans problème apparent, possédant une bonne situation financière et n’ayant jamais eu la varicelle jusqu’à aujourd’hui. Le capitaine du bateau ayant vu leurs horribles boutons et leur mine déconfite leur a ordonné de ne pas quitter leur chambre. Sacha est donc juste passée prendre de leurs nouvelles. Leur situation ne semble pas aller en s’arrangeant et leurs visages rougissent à vue d’œil. Sacha s’inquiète un peu mais les sait résistants. Elle repart pour jouer et finir de compter les marches du ferry en sautillant sur elle-même, en faisant voler sa jupe verte et virevolter ses deux tresses contre ses joues roses. Elle est maintenant au second étage qui est recouvert d’un papier peint rouge vif du plus mauvais goût.
Alors qu’elle arrive dans le casino miniature, un flash la surprend. Elle se retourne et voit quelqu’un en tenue de plongeur essayant de cacher l’appareil. Elle fronce les sourcils de surprise mais continue sa visite. Quelques mètres plus loin, au niveau des tables de black-jack désertes, elle tombe sur une vieille dame toute de noire vêtue, un briquet à la main, chantonnant des « Du bist ein Pferd » et scrutant vicieusement un homme en fauteuil roulant. Sacha hausse les épaules mais presse le pas en poursuivant son chemin. Quelques chuchotis se font entendre. Malgré la musique douce et ambiante qui passe dans l’air depuis le début du voyage, l’atmosphère est assez lourde et il semble que le personnel ait jugé bon de maintenir une température assez élevée même dans les salles les plus fréquentées.
Lorsqu’elle passe devant quelques cabines, elle aperçoit un homme pendu et des membres de l’équipage essayant de décrocher le macchabée, en vain. Un petit cri de terreur s’échappe de ses lèvres, elle se fait alors mitrailler du regard rougeâtre du cuisiner et part se cacher en courant derrière une bouée. L’équipage se plie devant l’échec et laisse l’homme suspendu en promettant de revenir avec la trancheuse à jambon. Sacha reste immobile, pleurant durant quelques instants puis l’idée d’aller retrouver ses parents même si elle doit tomber malade elle aussi lui vient. Elle sort donc de sa cachette et en chemin rencontre un petit garçon qui a l’air tout aussi perdu qu’elle. Elle s’approche timidement, le fait sursauter et se reçoit une gifle en plein visage par ce dernier qui s’enfuit en criant. Ses traits se crispent de plus en plus et sa respiration devient difficile. Sur la bateau la chaleur devient de plus en plus étouffante. La petite Sacha passe donc par la salle de restaurant où les quelques personnes la regardent en crachant par terre, lui hurlent des insultes et commencent à s’agiter. Elle est terrifiée et court aussi vite que lui permettent ses petites jambes. Elle manque de tomber par terre, bousculée par un homme courant sans s’arrêter, le visage déformé par la folie. La musique d’ambiance se change brusquement alors qu’elle passe devant l’infirmerie déserte en un son continu et strident de machineries. Sacha ne supporte plus cette ambiance et descend les quelques marches qui l’amènent à pénétrer dans l’infirmerie sur la pointe de ses souliers.
- « 114, 115, 116 » compte-t-elle le souffle haletant.
Le cadavre de toute à l’heure n’a pas loupé son rendez-vous avez la trancheuse dans l’arrière de l’infirmerie et Sacha, pour se dérober à la vue des bouchers et s’épargner ce spectacle éteint la lumière de la pièce. Un long cri rauque se fait entendre, la musique augmente, la lumière se rallume. Se sentant coincée elle décide de repartir mais trois personnes vacillant, bavant et ayant les phalanges en sang l’empêchent de passer. Le petit garçon violent de toute à l’heure apparaît alors à l’entrée de l’infirmerie et se jette sur les épaules de ces agresseurs en les mordant. Sacha en profite alors pour s’échapper discrètement et se diriger vers la cabine parentale.
Ouvrant la porte violemment elle se retrouve nez à nez avec sa mère, s’arrachant le peu de cheveux qui lui restent et son père se griffant le mollet avec un bout de verre du hublot brisé. Un nouveau cri tente de s’échapper d’elle mais son instinct le lui fait retenir de peur de se faire entendre. La peur la fait courir plus vite que jamais, et six cabines plus loin, l’équipage est de nouveau en plein travail avec huit nouveau corps. Un râle bestial laisse comprendre que les passagers en auront pour leur argent. Elle se sauve encore une fois dans un sprint effréné, son but à présent est de sauter du pont du bateau. Sa jupe verte se tache de la bave d’un autre individu étendu sur le sol qui pousse un grognement stoppé par le coup bien placé de Sacha.
Elle repasse ensuite par la salle de restaurant où le feu recouvre quelques morceaux de papier peint et où une chorale de Noël l’attend, tous munis d’un couteau et d’un appareil photo. Paniquée, au bord du malaise à causse de la chaleur mais consciente de la nécessité de sauver sa peau, elle fait tomber le plus de tables possible afin de ralentir ses poursuivants. Elle se réfugie enfin dans une cabine proche afin de reprendre son souffle.
- « 156. »
Se glissant sous le lit, elle sent une boule de poils sous ses doigts. Prête à se défendre elle ferme alors les poings mais le chien qu’elle vient de sentir sort de sous le lit.
- « Tu m’as fait peur mais tu a l’air normal et tout aussi terrifié que moi, viens avec moi. »
Se sentant protégée et plus forte, elle sort de la cabine accompagnée de son nouveau protecteur. Le petit garçon les attend mais c’est au tour du chien de lui sauter sur les épaules. Il n’y a plus aucune musique sur le bateau excepté le bruit du mobilier du bateau qui se consume. Sacha arrive enfin sur le pont et se jette à l’eau suivie du chien.
- « 160. »
Elle ferme les yeux et retient sa respiration mais retombe assez durement à l’endroit de sa quatre-vingt dix-septième marche, le tableau tombe et se brise, le chien a disparu. Sacha est abasourdie, se précipite vers la chambre de ses parents et les retrouve en train de gratter leurs boutons.
La petite Sacha, blondinette de huit ans visite le ferry en comptant les marches sur lesquelles elle pose ses jolis petits souliers rouges. L’escalier est décoré d’un magnifique et rarissime tableau d’Ympas qu’elle manque de faire tomber mais qu’elle rattrape de justesse. Le ferry qu’elle explore comporte quatre étages, un restaurant et les grooms sont disponibles à tout moment durant le trajet reliant Marseille à la Sicile. Ses parents sont déjà dan une cabine d’où ils ne sortiront pas. Sacha frappe à la porte numéro 1408 du troisième étage.
- «Bonjour m’man, bonjour p’pa ! Vous allez mieux ?
- On tient le coup, lui répondent-ils.»
Les parents de Sacha sont comme leur petite fille des gens de taille normale, sans problème apparent, possédant une bonne situation financière et n’ayant jamais eu la varicelle jusqu’à aujourd’hui. Le capitaine du bateau ayant vu leurs horribles boutons et leur mine déconfite leur a ordonné de ne pas quitter leur chambre. Sacha est donc juste passée prendre de leurs nouvelles. Leur situation ne semble pas aller en s’arrangeant et leurs visages rougissent à vue d’œil. Sacha s’inquiète un peu mais les sait résistants. Elle repart pour jouer et finir de compter les marches du ferry en sautillant sur elle-même, en faisant voler sa jupe verte et virevolter ses deux tresses contre ses joues roses. Elle est maintenant au second étage qui est recouvert d’un papier peint rouge vif du plus mauvais goût.
Alors qu’elle arrive dans le casino miniature, un flash la surprend. Elle se retourne et voit quelqu’un en tenue de plongeur essayant de cacher l’appareil. Elle fronce les sourcils de surprise mais continue sa visite. Quelques mètres plus loin, au niveau des tables de black-jack désertes, elle tombe sur une vieille dame toute de noire vêtue, un briquet à la main, chantonnant des « Du bist ein Pferd » et scrutant vicieusement un homme en fauteuil roulant. Sacha hausse les épaules mais presse le pas en poursuivant son chemin. Quelques chuchotis se font entendre. Malgré la musique douce et ambiante qui passe dans l’air depuis le début du voyage, l’atmosphère est assez lourde et il semble que le personnel ait jugé bon de maintenir une température assez élevée même dans les salles les plus fréquentées.
Lorsqu’elle passe devant quelques cabines, elle aperçoit un homme pendu et des membres de l’équipage essayant de décrocher le macchabée, en vain. Un petit cri de terreur s’échappe de ses lèvres, elle se fait alors mitrailler du regard rougeâtre du cuisiner et part se cacher en courant derrière une bouée. L’équipage se plie devant l’échec et laisse l’homme suspendu en promettant de revenir avec la trancheuse à jambon. Sacha reste immobile, pleurant durant quelques instants puis l’idée d’aller retrouver ses parents même si elle doit tomber malade elle aussi lui vient. Elle sort donc de sa cachette et en chemin rencontre un petit garçon qui a l’air tout aussi perdu qu’elle. Elle s’approche timidement, le fait sursauter et se reçoit une gifle en plein visage par ce dernier qui s’enfuit en criant. Ses traits se crispent de plus en plus et sa respiration devient difficile. Sur la bateau la chaleur devient de plus en plus étouffante. La petite Sacha passe donc par la salle de restaurant où les quelques personnes la regardent en crachant par terre, lui hurlent des insultes et commencent à s’agiter. Elle est terrifiée et court aussi vite que lui permettent ses petites jambes. Elle manque de tomber par terre, bousculée par un homme courant sans s’arrêter, le visage déformé par la folie. La musique d’ambiance se change brusquement alors qu’elle passe devant l’infirmerie déserte en un son continu et strident de machineries. Sacha ne supporte plus cette ambiance et descend les quelques marches qui l’amènent à pénétrer dans l’infirmerie sur la pointe de ses souliers.
- « 114, 115, 116 » compte-t-elle le souffle haletant.
Le cadavre de toute à l’heure n’a pas loupé son rendez-vous avez la trancheuse dans l’arrière de l’infirmerie et Sacha, pour se dérober à la vue des bouchers et s’épargner ce spectacle éteint la lumière de la pièce. Un long cri rauque se fait entendre, la musique augmente, la lumière se rallume. Se sentant coincée elle décide de repartir mais trois personnes vacillant, bavant et ayant les phalanges en sang l’empêchent de passer. Le petit garçon violent de toute à l’heure apparaît alors à l’entrée de l’infirmerie et se jette sur les épaules de ces agresseurs en les mordant. Sacha en profite alors pour s’échapper discrètement et se diriger vers la cabine parentale.
Ouvrant la porte violemment elle se retrouve nez à nez avec sa mère, s’arrachant le peu de cheveux qui lui restent et son père se griffant le mollet avec un bout de verre du hublot brisé. Un nouveau cri tente de s’échapper d’elle mais son instinct le lui fait retenir de peur de se faire entendre. La peur la fait courir plus vite que jamais, et six cabines plus loin, l’équipage est de nouveau en plein travail avec huit nouveau corps. Un râle bestial laisse comprendre que les passagers en auront pour leur argent. Elle se sauve encore une fois dans un sprint effréné, son but à présent est de sauter du pont du bateau. Sa jupe verte se tache de la bave d’un autre individu étendu sur le sol qui pousse un grognement stoppé par le coup bien placé de Sacha.
Elle repasse ensuite par la salle de restaurant où le feu recouvre quelques morceaux de papier peint et où une chorale de Noël l’attend, tous munis d’un couteau et d’un appareil photo. Paniquée, au bord du malaise à causse de la chaleur mais consciente de la nécessité de sauver sa peau, elle fait tomber le plus de tables possible afin de ralentir ses poursuivants. Elle se réfugie enfin dans une cabine proche afin de reprendre son souffle.
- « 156. »
Se glissant sous le lit, elle sent une boule de poils sous ses doigts. Prête à se défendre elle ferme alors les poings mais le chien qu’elle vient de sentir sort de sous le lit.
- « Tu m’as fait peur mais tu a l’air normal et tout aussi terrifié que moi, viens avec moi. »
Se sentant protégée et plus forte, elle sort de la cabine accompagnée de son nouveau protecteur. Le petit garçon les attend mais c’est au tour du chien de lui sauter sur les épaules. Il n’y a plus aucune musique sur le bateau excepté le bruit du mobilier du bateau qui se consume. Sacha arrive enfin sur le pont et se jette à l’eau suivie du chien.
- « 160. »
Elle ferme les yeux et retient sa respiration mais retombe assez durement à l’endroit de sa quatre-vingt dix-septième marche, le tableau tombe et se brise, le chien a disparu. Sacha est abasourdie, se précipite vers la chambre de ses parents et les retrouve en train de gratter leurs boutons.