L'année scolaire avait été particulièrement éprouvante pour moi. J'y avais appris que tout pouvait s'effondrer autour de toi. Véronique Lenoir était belle, bien que son intelligence manquait à l'appel. C'était l'inconscience-même, une vieillesse nostalgique du temps révolu, ma tante. Ceci dit, ayant plutôt bon fond, elle accepta de m'accompagner en Italie, voir les sites archéologiques, en compensation de mon année merdique.
Juillet 1993. Véronique et moi prenions le ferry à partir de Port Saint-Louis du Rhône jusqu'en Italie, où j'allais pouvoir jouir des monuments antiques. Le voyage à destination du Sud de la botte étant long, nous devions coucher en cabines. Véro avait opté pour des cabines séparées, allons savoir, un inconnu du bateau pourrait bien l'accompagner sur l'oreiller. Pas manqué, ni une ni deux, comme lorsque qu'on tire à l'arc, plusieurs beaux étalons étaient venus au cours de la soirée dans la chambre de cete chère tante, bien sûr, une suite de classe première.
Moins luxueuse pour moi, je me retrouvai à l'intérieur d'une pièce étroite, odorante mal positionnée par rapport aux services de restauration et avec un literie à dormir sur le sol. Durant les exploits corporels de ma tata adorée, que je ne supposais même pas à l'époque, je me sentais bien seule à bord du bateau, au milieu de la Méditerranée. J'ai alors décidé de trouver une occupation, différente que de refaire les exercices de mon manuel de sciences : sortir.
En sortant du taudis, c'est l'arrière du bateau, sur le pont, qui m'a attirée. Je m'y suis alors installée confortablement. Tous les événements qui avaient marqué négativement mon année m'ont alors interpellée, et je me les suis remémorés. D'un physique ingrat, recevant sans cesse des insultes, parfois même des coups sans jamais réagir, j'étais d'une nature extrêmement timide et réservée. Je n'ai donc rien osé dire à tante Véronique à l'époque. Je ne vous parle pas de mes parents car elle, s'est suicidé alors que je n'avais que quelques jours et lui, marié à l'alcool, perd son temps à soigner l'incurable.
Alors voilà, j'étais orpheline, élevé par une tante qui n'avait pas du tout la fibre maternelle, intello, exclue des autres, fanatiques des objets antiques donc "ringarde" auprès des gens et surtout, surtout, vraiment pas gâtée par la nature. Je regardais alors la mer tout en me passant tous ces instants de douleurs intenses qui racontaient ma propre à vie, un nid à malchance. Vous croyez au mauvais œil ? Et ben moi, j'étais persuadée que du moment que maman m'avait mise au monde, un espèce de sorcier aux mauvaises intentions m'avait jeté un sort.
Au cours des premiers instants, il n'y avait pas grand passager sur le fond du bateau. C'est alors que le bruit d'un groupe de personnes survînt. Ils passèrent juste à côté de moi et tous crièrent mon nom, cherchant dans leurs sacs, papiers et stylo. J'entendais "SACHA JE T'AIME", "SACHA", sortant de la bouche des femmes, des demoiselles, des enfants et d'hommes. Il y a même un femme aveugle qui m'a dit "DU HAUT DE TES HUIT ANS, TU AS DU MONDE A TES PIEDS ET MOI LA PREMIERE". Tous demandaient un autographe de "leur Sacha", tous souhaitaient me photographier, hurlaient.
Naturellement, j'ai pris peur, et j'ai décidé de courir. C'est alors que plusieurs personnes eurent la charmante idée de me suivre ce qui a amplifié ma peur, au pas de course. Il fallait que je trouve un endroit, un moyen, pour les semer. C'est alors qu'à ma gauche, j'ai vu une porte grise que je m'empressai d'ouvrir. J'arrivai dans la cuisine de la cafétéria. Quelques secondes se passèrent avant qu'un grand barbu n'arrive et me dise "OH MON ENFANT, JE JUBILE, JE T'AIME, JE TE VENERE", et c'est en disant ces choses incompréhensibles, qu'il s'agenouilla, baisant le sol.
Je repris alors la fuite jusqu'à ce que je regagne ma cabine modeste. J'étais alors complètement effrayée ! Moi, Sacha Lenoir, reclue et bouc émissaire des autres, était reconnue et même à première vue appréciée. C'était un bilan impossible, obligatoirement une bourde, une espèce de gourance au carré. Je suis alors restée là, assise au pied du chevet auquel il manquait un pied et qui était habillé de poussière.
Juillet 1993. Véronique et moi prenions le ferry à partir de Port Saint-Louis du Rhône jusqu'en Italie, où j'allais pouvoir jouir des monuments antiques. Le voyage à destination du Sud de la botte étant long, nous devions coucher en cabines. Véro avait opté pour des cabines séparées, allons savoir, un inconnu du bateau pourrait bien l'accompagner sur l'oreiller. Pas manqué, ni une ni deux, comme lorsque qu'on tire à l'arc, plusieurs beaux étalons étaient venus au cours de la soirée dans la chambre de cete chère tante, bien sûr, une suite de classe première.
Moins luxueuse pour moi, je me retrouvai à l'intérieur d'une pièce étroite, odorante mal positionnée par rapport aux services de restauration et avec un literie à dormir sur le sol. Durant les exploits corporels de ma tata adorée, que je ne supposais même pas à l'époque, je me sentais bien seule à bord du bateau, au milieu de la Méditerranée. J'ai alors décidé de trouver une occupation, différente que de refaire les exercices de mon manuel de sciences : sortir.
En sortant du taudis, c'est l'arrière du bateau, sur le pont, qui m'a attirée. Je m'y suis alors installée confortablement. Tous les événements qui avaient marqué négativement mon année m'ont alors interpellée, et je me les suis remémorés. D'un physique ingrat, recevant sans cesse des insultes, parfois même des coups sans jamais réagir, j'étais d'une nature extrêmement timide et réservée. Je n'ai donc rien osé dire à tante Véronique à l'époque. Je ne vous parle pas de mes parents car elle, s'est suicidé alors que je n'avais que quelques jours et lui, marié à l'alcool, perd son temps à soigner l'incurable.
Alors voilà, j'étais orpheline, élevé par une tante qui n'avait pas du tout la fibre maternelle, intello, exclue des autres, fanatiques des objets antiques donc "ringarde" auprès des gens et surtout, surtout, vraiment pas gâtée par la nature. Je regardais alors la mer tout en me passant tous ces instants de douleurs intenses qui racontaient ma propre à vie, un nid à malchance. Vous croyez au mauvais œil ? Et ben moi, j'étais persuadée que du moment que maman m'avait mise au monde, un espèce de sorcier aux mauvaises intentions m'avait jeté un sort.
Au cours des premiers instants, il n'y avait pas grand passager sur le fond du bateau. C'est alors que le bruit d'un groupe de personnes survînt. Ils passèrent juste à côté de moi et tous crièrent mon nom, cherchant dans leurs sacs, papiers et stylo. J'entendais "SACHA JE T'AIME", "SACHA", sortant de la bouche des femmes, des demoiselles, des enfants et d'hommes. Il y a même un femme aveugle qui m'a dit "DU HAUT DE TES HUIT ANS, TU AS DU MONDE A TES PIEDS ET MOI LA PREMIERE". Tous demandaient un autographe de "leur Sacha", tous souhaitaient me photographier, hurlaient.
Naturellement, j'ai pris peur, et j'ai décidé de courir. C'est alors que plusieurs personnes eurent la charmante idée de me suivre ce qui a amplifié ma peur, au pas de course. Il fallait que je trouve un endroit, un moyen, pour les semer. C'est alors qu'à ma gauche, j'ai vu une porte grise que je m'empressai d'ouvrir. J'arrivai dans la cuisine de la cafétéria. Quelques secondes se passèrent avant qu'un grand barbu n'arrive et me dise "OH MON ENFANT, JE JUBILE, JE T'AIME, JE TE VENERE", et c'est en disant ces choses incompréhensibles, qu'il s'agenouilla, baisant le sol.
Je repris alors la fuite jusqu'à ce que je regagne ma cabine modeste. J'étais alors complètement effrayée ! Moi, Sacha Lenoir, reclue et bouc émissaire des autres, était reconnue et même à première vue appréciée. C'était un bilan impossible, obligatoirement une bourde, une espèce de gourance au carré. Je suis alors restée là, assise au pied du chevet auquel il manquait un pied et qui était habillé de poussière.