Le ferry venait de s’éloigner de l’agitation du port, laissant sur la côte la nuée sombre des journalistes qui s’étaient agglutinées pour immortaliser le départ de Sacha. Celle-ci, accoudée sur la rambarde, fixait la terre qui diminuait progressivement, inconsciente des nombreux regards que les passagers posaient sur elle. Elle était habituée à ce que tout le monde se retourne sur son passage en la montrant du doigt, cela faisait partie d’une journée type chez Sacha Lenoir. Heureusement personne ne viendrait l’importuner, la présence de ses parents et celle, plus intimidante, du garde du corps, devait y être pour quelque chose.
Après le déjeuner, la petite fille déambula sur le bateau suivie discrètement par le garde du corps. Sur un siège situé face à une grande baie vitrée, un vieil homme regardait l’étendue azur. La fillette s’assit à côté de lui et imita son occupation, mais s’ennuya au bout de quelques minutes. Elle communiqua son impatience à grands renforts de soupirs, l’homme ne réagit pas. Alors elle lui demanda :
- Comment vous faites pour ne pas vous ennuyer ?
- Parce qu'observer la mer m’aide à me détendre, je laisse mes pensées s’ordonner pour qu’à la fin elles finissent comme cette eau : calme et tranquille, répondit son aîné.
- J’ai déjà essayé, mais je ne supporte pas d’être assise sans bouger il faut que je sois active, expliqua-t-elle.
- C’est normal, à ton âge tu as besoin de dépenser ton énergie.
- Pourtant les médias on dit que j’étais déjà très mûre pour mon âge, affirma la fillette avec fierté.
- Comment les journalistes peuvent-ils parler d’une aussi petite fille ? s’étonna le vieil homme.
- Vous n’avez jamais entendu mon prénom à la télé ou dans les journaux ? s’exclama-t-elle, médusée.
- Je regarde rarement la télévision et je doute que les sujets que je lis dans la presse écrite mentionnent une petite fille, argumenta le vieillard.
- Et bien je me présente : Sacha Lenoir, dit-elle avec un grand sourire.
Celle-ci s’attendit à une réaction enthousiaste et à une demande immédiate d’autographe. Mais s’il avait reconnu son célèbre minois, il n’en montra rien :
- Navré petite, mais ton patronyme m’est inconnu, répondit l’homme.
- Vous ne voulez pas connaître mon histoire ? proposa Sacha.
- Ah quoi bon ? Considérant ton jeune âge la raison qui t’a fait devenir célèbre doit être tout aussi courte. De plus connaître tous les détails croustillants de ta vie ne changera pas la mienne, contra l’homme âgé.
Vexée de ce manque d’attention, Sacha s’en alla la tête haute.
- Un conseil petite fille, commence un peu à vivre pour toi et non à faire vivre les autres grâce à ta célébrité, retentit pour la dernière fois, la voix du vieil homme.
Si la jeune fille l’entendit, elle n’en laissa rien paraître. Elle continua son chemin, mais ne pus s’empêcher de réfléchir aux paroles de ce vieillard qu’elle ne reverrait certainement jamais. De retour auprès de ses parents, ils s’empressèrent de l’informer sur le programme qui l’attendait mais elle les arrêta en leur indiquant clairement qu’elle passerait sa journée à s’amuser et non en rendez-vous promotionnels. Il y eut des protestations qui se turent devant la mine angélique de Sacha. Celle-ci se tourna alors vers les falaises qui venaient d’apparaître et le rugissement triomphal du bateau retentit dans l’air.
Après le déjeuner, la petite fille déambula sur le bateau suivie discrètement par le garde du corps. Sur un siège situé face à une grande baie vitrée, un vieil homme regardait l’étendue azur. La fillette s’assit à côté de lui et imita son occupation, mais s’ennuya au bout de quelques minutes. Elle communiqua son impatience à grands renforts de soupirs, l’homme ne réagit pas. Alors elle lui demanda :
- Comment vous faites pour ne pas vous ennuyer ?
- Parce qu'observer la mer m’aide à me détendre, je laisse mes pensées s’ordonner pour qu’à la fin elles finissent comme cette eau : calme et tranquille, répondit son aîné.
- J’ai déjà essayé, mais je ne supporte pas d’être assise sans bouger il faut que je sois active, expliqua-t-elle.
- C’est normal, à ton âge tu as besoin de dépenser ton énergie.
- Pourtant les médias on dit que j’étais déjà très mûre pour mon âge, affirma la fillette avec fierté.
- Comment les journalistes peuvent-ils parler d’une aussi petite fille ? s’étonna le vieil homme.
- Vous n’avez jamais entendu mon prénom à la télé ou dans les journaux ? s’exclama-t-elle, médusée.
- Je regarde rarement la télévision et je doute que les sujets que je lis dans la presse écrite mentionnent une petite fille, argumenta le vieillard.
- Et bien je me présente : Sacha Lenoir, dit-elle avec un grand sourire.
Celle-ci s’attendit à une réaction enthousiaste et à une demande immédiate d’autographe. Mais s’il avait reconnu son célèbre minois, il n’en montra rien :
- Navré petite, mais ton patronyme m’est inconnu, répondit l’homme.
- Vous ne voulez pas connaître mon histoire ? proposa Sacha.
- Ah quoi bon ? Considérant ton jeune âge la raison qui t’a fait devenir célèbre doit être tout aussi courte. De plus connaître tous les détails croustillants de ta vie ne changera pas la mienne, contra l’homme âgé.
Vexée de ce manque d’attention, Sacha s’en alla la tête haute.
- Un conseil petite fille, commence un peu à vivre pour toi et non à faire vivre les autres grâce à ta célébrité, retentit pour la dernière fois, la voix du vieil homme.
Si la jeune fille l’entendit, elle n’en laissa rien paraître. Elle continua son chemin, mais ne pus s’empêcher de réfléchir aux paroles de ce vieillard qu’elle ne reverrait certainement jamais. De retour auprès de ses parents, ils s’empressèrent de l’informer sur le programme qui l’attendait mais elle les arrêta en leur indiquant clairement qu’elle passerait sa journée à s’amuser et non en rendez-vous promotionnels. Il y eut des protestations qui se turent devant la mine angélique de Sacha. Celle-ci se tourna alors vers les falaises qui venaient d’apparaître et le rugissement triomphal du bateau retentit dans l’air.