Souvenirs


Je vis une vie pénible. Je passe mes journées à regarder la télé. Je ne peux rien faire d'autre de toute façon. Manon est une jeune femme qui vient tous les jours pour m'aider à me laver et à manger. Elle se dit « assistante de vie ». J'en ai un peu ras-le-bol de la vie. Les jours s'enchaînent et se ressemblent. Personne ne vient me rendre visite, je n'ai ni ami ni fils. Il y avait mon mari, le seul homme que j'ai aimé toute ma vie. Il est parti il y a deux ans, il me manque. Parfois, j'ai envie de le rejoindre rien que pour être dans ses bras, pour lui parler. Manon voit que ma joie de vivre n'est plus présente. Elle me raconte que dans ses moments de solitude, elle écrit. Écrire, mais quoi ? Il est vingt-deux heures. Je prends une feuille et un stylo. Je m'installe confortablement devant mon bureau. Je n'ai aucune inspiration. Cela fait maintenant une demi-heure que ma feuille est toujours vierge. Je regarde ma fenêtre qui a vue sur un vieux port. J'aperçois un énorme ferry qui s'apprête à embarquer une foule gigantesque. Cela me rappelle ma jeunesse. Je prends mon stylo et je me mets à écrire.

J'avais huit ans. Mon père avait gagné un magnifique voyage sur un ferry. Je me rappelle de ce moment comme si c'était hier. Ma mère était tellement joyeuse qu'elle avait déjà commencé à faire les valises. Je n'étais jamais partie. Je ne connaissais pas la signification du mot « voyage ». On devait s'en aller trois jours plus tard. Pendant ce temps, mes parents n'ont jamais été si heureux. Ils passaient leur vie à s'embrasser et discutaient sans cesse du voyage. Le 4 Aout 1934, ce fut le grand départ. Il y avait une foule incroyable qui s'apprêtait à embarquer sur le ferry. Je contemplais cette énorme bateau, je n'avais jamais vu quelque chose d'aussi grand.

On était enfin sur ce ferry. Je voyais sans cesse mes parents saluer des personnes, comme s'ils connaissaient tous le monde. Un homme nous présenta notre cabine. Elle était splendide. Je me rappelle surtout du jacuzzi que nous avions dans la salle de bain, j'aimais y passer du temps. Quatre jours après notre embarcation, mes parents m'ont enfin autorisée à me promener seule sur le ferry. Je marchais lentement pour admirer autour de moi une magnifique vue sur la mer. Beaucoup de gens que je croisais me regardaient avec un grand sourire comme s'il me connaissaient moi aussi. Quelqu'un m'appela. Je me retournai, j'aperçus ce jeune garçon, une grande crainte monta en moi, je ne le connaissais pas. Je lui demandai comment il connaissait mon nom. Il me répondit : « Mais Sacha, tout le monde te connaît ici » Ma crainte devenait de plus en plus grande. Je ne le regardais plus de la même façon, j'avais peur de lui. Je partis en courant rejoindre la cabine. Sur le chemin, des hommes m'appelèrent mais je ne leur répondis pas. Arrivant à notre cabine, je courus jusqu'à ma chambre, et me réfugiai dans mes draps. Ma mère me demanda : « Qu'est-ce qui t'arrive Sacha ?
- Maman, des hommes m'ont appelée, mais je ne les connais pas, j'ai peur maman. Un garçon m'a même dit que tout le monde me connaissait.
- Ce n'est rien Sacha, moi aussi tout le monde me connaît. Au début c'est difficile, mais tu t'y habitueras.
- Mais maman … »
J'étais complètement effarée. Depuis ce jour, j'ai peur.
Aujourd'hui j'ai soixante-seize ans et je ne sais toujours pas pourquoi. Je ne le saurai jamais.

CC
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Schyzoboy

Sur un bateau, on avance vraiment lentement. Surtout quand on a quelque chose qui se balade dans la tête, sans qu'on sache pourquoi.
On voit en priorité ce qu'on reconnaît. Le comptable de la banque du quartier qui pèse le pour et le contre avant de sauter dans l'eau glaciale. Ou alors, la mère des sept gosses qui n'arrêtent pas de courir partout. Je les reconnais tous, ceux-là. Mais ils n'ont rien à voir avec cette gamine de huit ans.
Elle n'avait rien de particulier, si ce n'était qu'elle ne cessait de me hanter. Les gens autour de cette fille semblaient oublier leurs occupations et leurs problèmes, pour se concentrer uniquement sur elle.
Le soir, tous les passagers prenaient leur repas, dans une salle commune à tous. Les plateaux-repas micro-ondés n'avaient déjà que peu de goût. Mais après que Sacha, le diable lui-même, s'est installée en face de moi, encadrée par ses parents, le steak-frites avait un goût de cendre, et le vin devenait de la flotte.

Au bout de quelques heures, je remarquai que je n'étais pas seul. Je pouvais même dire que tout le bateau en souffrait. Une fille normale, des parents normaux, sur un bateau normal. Et pourtant, tout le monde la reconnaissait.
La première chose que je ferai, quand je descendrai de cette coquille flottante, pour rejoindre mon appartement trop grand pour moi, c'est taper son nom sur Internet.

A minuit, la gamine dormait, son père buvait une bière et sa mère, une tisane. Je n'aime pas les tisanes. Le soulagement vînt quand je me rendis compte que c'était terminé pour ce soir. Sauf que l'angoisse arrive comme une mouche sur un gâteau quand je sais que demain, la torture va recommencer.

Quand on ne dort pas assez, on a des hallucinations. Je n'ai pas dormi de la nuit. La déduction est rapide et simple...

Sacha était partout. Les gens commençaient à s'écarter sur son passage, mais ni les parents, ni la fille n'avaient de réaction. J'essayais de ne pas la regarder, de penser à autre chose. Sauf qu'une fois qu'un souvenir est imprimé dans votre tête, impossible de s'en défaire. C'est encore pire quand ce souvenir est vivant.
Alors je me suis efforcé de me persuader qu'elle n'existait pas. C'était une erreur. Non... Un énorme boulette. Plus je me répétais « Elle n'existe pas. Ce n'est qu'une idée », plus elle apparaissait dans mon champ de vision, se rapprochant à chaque fois un peu plus de moi. Je voyais du défi dans son regard. Quand je dormais un peu, je me réveillais car je frappais dans le mur, persuadé que Sacha avait osé rentrer dans ma chambre.

J'ai fini par laisser tomber. J'ai oublié que j'étais, comme tout le monde, obnubilé par Sacha Lenoir. Je l'ai traitée comme on traite une gamine de huit ans : « Bonjour, Bonsoir . Tu veux une crêpe ? Garde la monnaie. »
Ça a marché. Miraculeux, n'est-ce pas ? Je m'en serais tout de même bien passé, de cette foutue traversée.
Je ne faisais plus attention à tous ses gestes. Je passais du chat qui guette sa proie au paresseux qui n'en à rien faire du reste du monde. J'ai oublié jusqu'à son nom. Elle n'était plus le centre de ma vision. Pendant plusieurs heures, elle ne fit d'ailleurs aucune apparition.

Après débarquement, j'ai tout compris. Enfin soulagé de ne plus avoir l'esprit occupé par le visage d'une gamine dont je n'avais rien à faire, je suis rentré chez moi, ai mangé de la vraie nourriture qui n'avait pas le goût de cendre, et j'ai ensuite pris mon netbook et je suis allé boire un verre dans un cybercafé. J'ai tapé son nom sur le moteur de recherche que tout le monde connaît, et je n'ai rien trouvé. J'ai bu un whisky cul-sec et j'ai entrevu la raison de cette histoire.

IF
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Sacha

Sacha descend les marches du pont, la tête haute, son petit buste bien droit. Du haut de ses huit ans, elle domine tous les passagers du ferry. Ils ne sont qu’ordinaires, elle est bien plus que cela. Elle est une star, adulée de tous. En un claquement de doigts, elle obtient tout ce qu’elle désire, tantôt un soda, tantôt un petit gâteau… Elle s’avance jusqu'à la rambarde annonçant la fin du pont, ou plus exactement de l’espace réservé aux voyageurs. Elle aimerait bien refaire cette scène culte du film Titanic. Seulement seule sur un vrai bateau du XXIe siècle, cela perd tout son intérêt. Surtout que la vue n’a aucun charme : une mer plate, un ciel bleu sans aucune nuance et d’énormes bites d’amarrage grises sur le pont inférieur… vraiment rien de magique… Il faudra bien s’en contenter. Elle fait demi-tour et revient sur ses pas. Soudain elle entend crier son nom, elle se retourne, en se demandant qui est encore cette personne qui connaît son nom, un fan ? Non, ce ne sont que ses parents qui la cherchent, inquiets de ne pas la trouver dans la chambre. Et ce, depuis un long moment et l’heure du dîner approche. Ils s’étonnent de la retrouver sur le pont, se tenant droite en marchant comme si elle était une célébrité. Elle court vers eux, se jette dans les bras de sa mère en lui disant : « Maman ! Maman ! Tu as vu, je suis une star ! » Celle-ci acquiesce. Elle avait eu le temps d’apercevoir les courbettes de certains matelots jouant le jeu. Son père lui demande si la prestance qu’elle avait sur le pont avait un lien avec la question qu’elle leur avait posée tout à l’heure.

Elle leur explique donc toute l’histoire… Cela avait commencé le matin même… Son père ayant eu un imprévu, quelque chose qui n’allait pas avec son travail , il était donc d’une humeur massacrante. Sacha était allée se plaindre à sa mère, lui disant qu’elle s’ennuyait, lui disant qu’elle voulait aller se promener. Sa mère lui promit qu’elles iraient toute les deux, mais pas tout de suite, car elle devait aider son mari, puisqu’ils travaillaient ensemble. Une heure plus tard, elles partirent. Elles allèrent se balader, acheter des glaces, des souvenirs… Sur le chemin Sacha s’était rendue compte de quelque chose d’étrange. Tout le monde semblait connaître son nom. Un matelot qui, en lui disant bonjour, l’avait appelée par son prénom. Ou encore le marchand de glace, qui en lui tendant son cornet, lui avait dit : « Tiens Sacha !» D’ailleurs tout le monde la regardait en souriant… Plus tard, le père de Sacha les avait rejointes pour manger, après quoi ils étaient retournés à leur cabine. Sacha toujours aussi intriguée, avait demandé à ses parents pourquoi tout le monde la connaissait. Sa mère lui avait répondu que c’était une longue histoire et qu’ils n’auraient pas le temps de lui expliquer tout de suite. Elle lui dit d’aller jouer près de son lit. Celui-ci était près de la porte et Sacha n’avait pas vraiment envie de rester enfermée. Elle décida donc de sortir en douce, ce qui fut très simple puisque la porte était plutôt silencieuse et que ses parents étaient complètement absorbés par l’écran de leur ordinateur portable. Une fois dehors, Sacha flâna sur le pont. Le capitaine qui faisait sa ronde, la croisa. Encore un fois, il l’appela par son prénom et il lui demanda ce qu’elle faisait toute seule. Elle lui répondit et en profita pour lui demander :
« Monsieur, pourquoi tout le monde sait comment je m’appelle ? » « Mais parce que tout le monde te connaît… » Sur ces mots, il partit. La pauvre Sacha resta plantée là. Comme elle s’ennuyait toute seule, elle alla sur le pont. Elle avait donc décidé de jouer de sa célébrité. Cela lui permettait d’avoir moins peur et de s’occuper.

Son récit étant terminé ses parents décidèrent qu’il était largement temps d’aller manger. Une fois le repas terminé, ils retournèrent à leur cabine. Lorsque Sacha fut couchée, celle ci leur reposa la question : « Pourquoi tout le monde me connaît ? » Cette fois ils répondirent…
« Tout a commencé l’année de tes deux ans… »

AF et GQ
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Remember, Sacha...

17 Juin 1992. Je me suis levée à l'aube en même temps que le soleil. Je séjourne pour quelques semaines à Nice , ville où j'ai passé la plupart de mes vacances d'enfance. Je bois mon thé sur ma terrasse en profitant des premiers rayons du soleil et de la vue panoramique sur le vieux port de Nice. Ma vie n'a jamais été aussi paisible que maintenant, je profite pleinement de ma soixante-seizième année. J'ai tout accompli au cours de ma vie , j'ai eu un bon travail ce qui me permet de payer le loyer de ma maison de vacances. Je pense avoir accompli mon rôle de mère convenablement malgré la perte de mon mari il y à deux ans, je suis heureuse et accomplie. Les marins partent à la pêche et d'autres trient déjà leurs poissons frais. Dans les yatchs tout le monde dort encore. Le trafic, lui, commence à être dense. Au loin il y a un ferry « Corsica ferry » le ferry qui mène jusqu'à la Corse.

C'était lors de mes huit ans, alors que je devais prendre le ferry pour me rendre en vacances en Corse. Déjà quand je suis montée sur le bateau tout le monde se retournait sur mon passage où me souriait. Fière de moi alors je me redressais et marchais droit en me disant que j'avais bien fait de mettre ma robe préférée, rose à volants. C'est le capitaine qui m'accueillit lui même sur le pont en me disant « Bienvenue à bord du Charlotte, Sacha, j'espère qu'il te plaira. » A ce moment-là je ne me posais pas encore de questions sur le fait qu'il connaissait mon prénom. J'avançai sur le pont épatée par la hauteur du ferry et son immensité. Une fois arrivée dans ma cabine je remarquai sur la table un gros bouquet , je m'en suis approché et sur une carte qui l'accompagnait était marqué
« Pour Sacha ».
Qui m'envoyait ces fleurs ? Pourquoi ? Comment connaissait-on mon prénom ? Puis sur mon lit il y avait un ours en peluche sur lequel était brodé en lettres d'or « SACHA ». Du haut de mes huit ans je commençais à me poser des questions. Ma mère est venue me voir pour savoir si tout allait bien, je lui expliquai donc que je trouvais cela étrange, mais elle me rassura en m'expliquant que cela était normal et son sourire protecteur me fit tout oublier. Je déambulai sur le bateau avec mes grands yeux ébahis de petite fille. Je regardai les hommes et les femmes qui passaient en ayant toujours toujours un petit sourire pour moi , un petit bonjour de la main ou alors un « Bonjour Sacha « , comme s'ils me connaissaient. Ce qui m'étonnait et me ravissait en même temps, quoi de plus beau pour une fillette de huit ans que de reçevoir des sourires de tout le monde? Je continuais mon chemin en sautillant, faisant rebondir mes boucles blondes, je traversai un couloir. Un grand homme aux cheveux noir de jais était posté près de la porte d'une chambre et me fixait du regard. Je m'arrêtai devant lui et lui murmurai un « bonjour » assorti d'un sourire timide. Il ne me répondit pas, je souris un peu plus, espérant lui arracher à lui aussi un sourire. Il ne réagit toujours pas, ses yeux étaient toujours posés sur moi en une expression étrange. Il commençait à m'inquiéter et je décidai de partir. Tout le long du couloir je sentis son regard brûlant dans mon dos. Un fois arrivée de l'autre côté du bateau je me dirigeai vers la salle de jeux. Sur le chemin une vieille dame me salua et me proposa un bonbon. Je refusai poliment en faisant non de la tête. J'entrai dans la salle de jeux où il y avait une dizaines d'enfants de mon âge. Dont trois filles qui avaient des Barbies, jouaient à des jeux divers. Une fille qui tenait une Barbie en tenue de princesse, se retourna vers moi, parut me reconnaître et me dit « Hé! Sacha , tu viens jouer avec nous ? » Je n'avais qu'une envie, aller voir ma mère et rester dans ses bras. Je courai vers elle, sautai sur ses genoux, enfouis ma tête dans le creux de son épaule et lui demandai d'une voix d'où pointaient des sanglots: « Maman, pourquoi tous les gens ils me connaissent ?
»Elle me regarda quelques secondes, interloquée, puis éclata de rire.
« Mais enfin ma chérie, me dit elle, ici il n'y a que moi et ton père qui te connaissons :
− Mais si maman, je te jure, ils me parlent même !
− Si tu le dis mon cœur. Allez, va te reposer tu as l'air fatiguée. »
De toute évidence elle ne me croyait pas. Je ronchonnai un peu et me mis dans le siège à côté. Je fermai les yeux et repensai à l'homme aux cheveux noirs et au regard étrange, lui aussi avait semblé me connaître. Je finis le voyage dans un demi-sommeil et ne reparlai jamais à ma mère de cette histoire. Elle m'effrayait trop.

Au moment où j'écris je n'ai toujours pas résolu ce mystère, je ne sais toujours pourquoi toutes ces personnes me connaissaient. Mais je ne m'en préoccupe plus. La rue devient très agitée. Je vais arrêter d'écrire et aller faire mes courses au marché, puis j'irai boire un café avec mes amies.

JN
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Réalité ou amnésie ?

Dans l’année de décembre 1977, une petite fille de huit ans, nommée Sacha Lenoir part en direction de Londres à bord d’un ferry avec ses parents. Sacha est blonde, ses yeux de couleur bleu foncé rappellent la profondeur des fonds marins, elle est plutôt solitaire et n’est guère sociable sûrement à cause des cauchemars perpétuels qui hantent ses nuits. Madame Lenoir a un physique mince et agréable mais ses yeux sont fatigués en raison des nuits blanches qu’elle passe à rassurer sa petite Sacha. Monsieur Lenoir, lui est grand, brun avec une certaine prestance. Dès leur arrivée, les passagers regardent les Lenoir d’un air inquiétant et d’une façon persistante mais la famille, très fatiguée, ne prête pas attention à leurs observations et vont déposer leurs bagages et se reposer avant le dîner.

C’est alors, que plus tard dans la soirée les parents remarquent le regard des autres personnes sur leur fille. Un homme sort du restaurant en disant : "Au revoir Sacha." La petite fille se retourne vers ses parents en leur demandant comment il peut connaître son prénom mais ils ne savent quoi répondre. Sacha a un peu peur de ce ferry, elle se sent mal à l’aise depuis son arrivée sur celui-ci, probablement en raison de son état car il est vieux et on dirait qu’il pourrait faire naufrage. La coque a des trous de la taille d’une balle de golf, des tonnes de fissures et la peinture était passée du bleu marine au vert. Quant à l’intérieur du ferry, il règne dans l’obscurité, la moisissure est apparente sur les murs et l’odeur y est désagréable. Les passagers sont d’un milieu social moyen voire pauvre car en vue de l’épave qui les amène à Londres, ils n’ont pas dû payer bien cher .

Après avoir mangé de la nourriture médiocre, la famille se couche en espérant ne pas attraper une intoxication alimentaire. Sacha passe une mauvaise nuit. Ce soir-là, elle entend des pas et voit le vieil homme qui lui avait dit "au revoir" plus tôt au dîner, assis à coté de son lit, Il se penche près de son oreille et lui chuchote :"C’est de ta faute, tu dois payer." La petite fille crie, madame Lenoir accourt et prend sa fille dans ses bras. Quand celle-ci rouvre les yeux, l’homme a disparu. La mère, Élisabeth, lui demande la raison de sa frayeur. Sacha lui dit qu’elle a vu un homme et qu’il lui a parlé, alors, le père va vers la porte et l’enclenche pour savoir si quelqu’un a pu entrer pendant leur sommeil. Mais la porte est fermée à clef. Le père lui explique que ce n’est qu’un cauchemar et qu’elle doit se rendormir. Les larmes de Sacha commencent à couler lorsque sa mère rejoint son lit, donc elle revient et reste près de sa fille, le temps qu’elle s’endorme.

Le lendemain, la famille Lenoir retourne au restaurant pour prendre le petit-déjeuner et on leur sert des croissants, du café et un chocolat chaud pour Sacha. Quand le serveur arrive, il regarde la petite fille d’un air menaçant, il prononce son prénom dans un murmure, elle seule entend. Sacha prend peur et va sur les genoux de sa mère. Après qu’elle a fini de déjeuner, la petite fille va jouer sur le pont. Quelque minutes plus tard d’autres enfants arrivent, la poussent et la mordent en lui disant qu’elle ne mérite pas d'être en vie. Élisabeth entend des cris et sort à toute allure pour secourir sa fille mais les autres enfants sont déjà partis. Sacha pleure en essayant d’expliquer à sa mère ce qui s’est passé. Madame Lenoir est folle de rage, elle ne supporte pas que l’on fasse du mal à sa petite Sacha et elle crie :"Si vous avez des chiens, il faut les tenir en laisse". Élisabeth rassure sa fille en lui susurrant que le lendemain, ils arriveront à destination et qu’ils ne les reverront jamais. Les Lenoir rentrent tôt du restaurant et les parents s’endorment dans les minutes qui suivent mais Sacha n’arrive pas à trouver se sommeil et décide de sortir sur le pont pour admirer la mer une dernière fois de nuit.

Au matin, Élisabeth se réveille la première, elle est de bonne humeur, heureuse de quitter ce ferry avec tous ces gens étranges. Elle va près du lit de sa fille pour la réveiller mais ne trouve personne, elle l'appelle mais n’obtient pas de réponse. Elle se précipite dehors et crie le nom de sa fille et elle a la surprise de voir que les passagers sont partis et que d’autres les ont remplacés.
Elle hurle de toutes ses forces, les nouveaux passagers se retournent sur elle. Son mari la rejoint et elle fond en larmes dans ses bras. La petite Sacha reste introuvable malgré les recherches de ses parents.

LC
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Paranoïa

Je ne sais pas pourquoi j’étais là mais en tous cas, je sais que je manquerais à mes amis. Moi, Sacha, huit ans, blonde, les yeux bleus avec un style émo. Dans ma vie, il y a qu’une seule chose que j’aime faire, qui me passionne, c’est : écrire ce que je ressens, écrire des poèmes. Mes parents sont tombés sur mon blog et maintenant ils veulent m’envoyer dans un centre pour jeunes suicidaires en Angleterre, dans le nord de celle-ci, parce qu’ils ont peur de ce que je pourrais faire. Il y a un gros problème si je vais en Angleterre, c’est que je ne verrais plus mes amis car le séjour dure environ trois ou quatre mois donc on sera déjà en vacances d’été lorsque je rentrerai. Mais, d’un autre côté, si je n’y vais pas mes parents vont être sur mon dos scrutant mes moindres faits et gestes, je ne pourrai jamais être tranquille.

Jeudi huit avril 2010, c’est le jour où je dois partir pour l’Angleterre. Je stresse à l’idée de ne plus revoir mes amis. En arrivant au port , je vois quatre anciennes amies : Lola, Marie-Jeanne, Stéphane et Charlotte. Il y avait aussi Amélie, une des organisatrices et notre tutrice à toutes les cinq que nous allons avoir pendant ce séjour. On doit prendre un ferry nommé Vampire. Je regarde le nom du bateau et je le trouve très étrange, surtout ce nom quand on adore les images de sang des vampires, c’est drôle ! J’observe autour de moi et je remarque qu’il y a quelque chose de bizarre au moment d’embarquer. En effet, sur le ferry, tous les passagers nous regardent avec insistance. Je ne sais pas s’ils regardent le groupe en entier ou une de nous. Je décide de laisser ces personnes qui nous observent bizarrement. Je m’isole dans un coin du bateau et je commence à écrire mon premier poème de ce voyage. Je l’ai appelé « Du malheur au bonheur ». Brusquement, une petite fille m’arrête pendant que je suis en train d’écrire.
«- Bonjour Sacha !
- Comment tu me connais ? Qui es-tu ? ? ?
- C’est mes parents qui m’on dit que je pourrais te voir sur le ferry. Et je m’appelle Emilie.
- Pourquoi tu aurais pu me voir ? Je ne suis qu’une « enfant » comme toi.
- Je ne sais pas. Tu as peut-être quelque chose d’exceptionnel que nous les enfants on n’a pas.
- Bah… non je n’ai rien d’exceptionnel. Je suis moi. J’aimerais bien savoir pourquoi tout le monde me connaît, me regarde et parle derrière mon dos.
- Il faut leurs demander car je ne sais rien.
- Tu fais quoi Emilie ?
- Je joue à cache-cache avec mes parents. C’est trop amusant, ils me cherchent partout depuis plus de deux heures !
- Tes parents savent que tu joues, s’ils te cherchent sans jouer, ils peuvent avoir peur de t’avoir perdue. Allez, viens, tu pourrais te perdre seule sur ce grand ferry. Comment ils sont tes parents ?
- Ma mère est blonde avec un jean bleu et un tee-shirt blanc et bleu comme les marins et elle porte un gilet noir.
- Et ton père ?
- Il est brun avec un jean bleu et un tee-shirt marron. »

On va chercher ses parents toutes les deux en commençant par le pont supérieur mais je remarque encore une fois que les passagers regardent dans notre direction. Je comprends à ce moment là que ce n’est pas le groupe mais moi qu’ils observent. Ça me stresse, je ne sais pas pourquoi, mais ça me stresse quand on me regarde. Je n’ai rien fait de bizarre encore moins, quelque chose d’extraordinaire. J’entends des personnes murmurer des paroles : « C’est elle, la fille regarde ! ! ! » ou « Tu crois que c’est elle cette adolescente ? » ou même, j’entends « Cette fille me glace le sang, comment elle a pu faire ça, elle ferait mieux d’être enfermée ! ! ! » Tous ces murmures m’énervent. Je décide de continuer à chercher les parents de la petite Emilie. Nous marchons, nous marchons ensemble et elle me dit :
« - Sacha, tu faisais quoi tout à l’heure ?
- J’écrivais un poème.
- J’adore les poèmes mais surtout les écouter. Tu peux me le lire, s’il te plaît.
- D’accord, assieds-toi sur le banc. »
Je lui lis le poème. Elle écoute jusqu’au dernier vers. Emilie me dit à la fin qu’elle adore.
« - C’est trop beau ! Tu devrais devenir écrivain, écrire toute ta vie. »
Quelques minutes plus tard, on retrouve les parents de la petite fille.

En même temps, je rejoins également Lola, Marie-Jeanne, Stéphanie et Charlotte il est maintenant l’heure de retrouver Amélie pour aller manger. À peine rentrées dans la salle à manger du bateau, nous commençons à entendre des personnes qui murmurent tout en nous fixant. Toutes les six, on décide de partir d’ici, partir de ce ferry, partir de ce monde. On a eu de la chance, Amélie ne nous a pas vues nous en aller. On veut en finir, on a sauté de tout en haut et on a atterri dans l’eau. Nous sommes passées du malheur au bonheur.

Le lendemain, on pouvait voir dans les journaux : « Hier, sur le ferry Vampire qui allait de Calais au nord de l’Angleterre, six jeunes filles âgées de huit à dix ans se sont suicidées en se noyant… Nous déplorons surtout la mort de Sacha…»

NC
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Les bonnes surprises de la vie

L'année scolaire avait été particulièrement éprouvante pour moi. J'y avais appris que tout pouvait s'effondrer autour de toi. Véronique Lenoir était belle, bien que son intelligence manquait à l'appel. C'était l'inconscience-même, une vieillesse nostalgique du temps révolu, ma tante. Ceci dit, ayant plutôt bon fond, elle accepta de m'accompagner en Italie, voir les sites archéologiques, en compensation de mon année merdique.

Juillet 1993. Véronique et moi prenions le ferry à partir de Port Saint-Louis du Rhône jusqu'en Italie, où j'allais pouvoir jouir des monuments antiques. Le voyage à destination du Sud de la botte étant long, nous devions coucher en cabines. Véro avait opté pour des cabines séparées, allons savoir, un inconnu du bateau pourrait bien l'accompagner sur l'oreiller. Pas manqué, ni une ni deux, comme lorsque qu'on tire à l'arc, plusieurs beaux étalons étaient venus au cours de la soirée dans la chambre de cete chère tante, bien sûr, une suite de classe première.

Moins luxueuse pour moi, je me retrouvai à l'intérieur d'une pièce étroite, odorante mal positionnée par rapport aux services de restauration et avec un literie à dormir sur le sol. Durant les exploits corporels de ma tata adorée, que je ne supposais même pas à l'époque, je me sentais bien seule à bord du bateau, au milieu de la Méditerranée. J'ai alors décidé de trouver une occupation, différente que de refaire les exercices de mon manuel de sciences : sortir.

En sortant du taudis, c'est l'arrière du bateau, sur le pont, qui m'a attirée. Je m'y suis alors installée confortablement. Tous les événements qui avaient marqué négativement mon année m'ont alors interpellée, et je me les suis remémorés. D'un physique ingrat, recevant sans cesse des insultes, parfois même des coups sans jamais réagir, j'étais d'une nature extrêmement timide et réservée. Je n'ai donc rien osé dire à tante Véronique à l'époque. Je ne vous parle pas de mes parents car elle, s'est suicidé alors que je n'avais que quelques jours et lui, marié à l'alcool, perd son temps à soigner l'incurable.

Alors voilà, j'étais orpheline, élevé par une tante qui n'avait pas du tout la fibre maternelle, intello, exclue des autres, fanatiques des objets antiques donc "ringarde" auprès des gens et surtout, surtout, vraiment pas gâtée par la nature. Je regardais alors la mer tout en me passant tous ces instants de douleurs intenses qui racontaient ma propre à vie, un nid à malchance. Vous croyez au mauvais œil ? Et ben moi, j'étais persuadée que du moment que maman m'avait mise au monde, un espèce de sorcier aux mauvaises intentions m'avait jeté un sort.

Au cours des premiers instants, il n'y avait pas grand passager sur le fond du bateau. C'est alors que le bruit d'un groupe de personnes survînt. Ils passèrent juste à côté de moi et tous crièrent mon nom, cherchant dans leurs sacs, papiers et stylo. J'entendais "SACHA JE T'AIME", "SACHA", sortant de la bouche des femmes, des demoiselles, des enfants et d'hommes. Il y a même un femme aveugle qui m'a dit "DU HAUT DE TES HUIT ANS, TU AS DU MONDE A TES PIEDS ET MOI LA PREMIERE". Tous demandaient un autographe de "leur Sacha", tous souhaitaient me photographier, hurlaient.

Naturellement, j'ai pris peur, et j'ai décidé de courir. C'est alors que plusieurs personnes eurent la charmante idée de me suivre ce qui a amplifié ma peur, au pas de course. Il fallait que je trouve un endroit, un moyen, pour les semer. C'est alors qu'à ma gauche, j'ai vu une porte grise que je m'empressai d'ouvrir. J'arrivai dans la cuisine de la cafétéria. Quelques secondes se passèrent avant qu'un grand barbu n'arrive et me dise "OH MON ENFANT, JE JUBILE, JE T'AIME, JE TE VENERE", et c'est en disant ces choses incompréhensibles, qu'il s'agenouilla, baisant le sol.

Je repris alors la fuite jusqu'à ce que je regagne ma cabine modeste. J'étais alors complètement effrayée ! Moi, Sacha Lenoir, reclue et bouc émissaire des autres, était reconnue et même à première vue appréciée. C'était un bilan impossible, obligatoirement une bourde, une espèce de gourance au carré. Je suis alors restée là, assise au pied du chevet auquel il manquait un pied et qui était habillé de poussière.

MDS
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Le journal intime de Sacha Lenoir

Sacha Lenoir, une petite fille décédée à dix ans, publie dans son journal intime son séjour sur un ferry lors de ses huit ans. Son premier jour sur ce bateau a été l’un des plus attirants. Elle raconte :
« Aujourd’hui quand je suis arrivée sur ce ferry, je suis très heureuse, je vais au Maroc. Je resterai à bord quelques jours.
Quand je suis arrivée sur le bateau avec mes parents, tous les matelots étaient là, en ligne, et m'ont regardée en me lançant un sourire et m'ont tous dit en cœur « bienvenue à bord Sacha ! » puis ils sont repartis. J’étais étonnée ainsi que mes parents. Quelques instants plus tard un grand monsieur tout habillé de blanc et bleu est venu nous demander nos billets, il a demandé à l’un de ses collègues de nous amener a notre chambre puis il nous a dit « Bon séjour parmi nous. »

Alors que mes parents rangeaient nos affaires dans la chambre, ils me demandèrent d’aller jouer sur le pont et de me faire des amis. Alors je suis sortie et j'ai pris le couloir qui donnait sur le pont. Quand j’ai ouvert la porte du couloir, il y avait plein d’enfant qui étaient là, entassés devant moi et ils m'ont crié « Salut Sacha ! On va jouer à quoi ? » J’étais surprise et effrayée. Alors quelques-uns m'ont demandé de faire un foot (mais je n’aime pas le foot) alors je leur propose d’aller à la piscine. Ils m'ont répondu tous ensemble oui avec un grand sourire. Alors je leur ai donné rendez-vous à dix heures trente, le temps que l’on puisse mettre nos maillots de bains.

Je retourne dans la chambre pour me changer quand ma mère me dit : « Alors Sacha, tu veux quoi ? » Je lui réponds que je cherche mon maillot de bain. Elle sort de la pièce et me le donne. Je lui dis merci et je vais me changer.
Quand j'arrive à la piscine ils sont tous là et m’attendaient. Mais il y a une chose qui me fait très peur, c’est pourquoi ils me connaissent tous. Je suis rentrée dans la piscine et j’ai demandé à une fille comment elle s’appelait et comment elle me connaissait. Elle m'a répondu que je ne devais rien savoir sur eux, et elle est partie. Je suis allée voir d’autres personnes qui m'ont demandé si je pouvais jouer avec eux au ballon et j’ai dit oui.

Au bout de deux heures mes parents sont venus me chercher pour que l'on puisse aller manger. Quand je suis sortie de la piscine, ils m'ont suivie. C'était oppressant. Qu'avais-je de particulier? Pour retourner dans la chambre, sur le pont, on a croisé beaucoup de personnes et ils me regardaient en me disant bonjour.

J'arrive dans la chambre et je demande :
- Pourquoi tout ces gens me regardent et me disent bonjour alors que je ne les connais pas ?
- Je ne sais pas dit mon père.
- Je ne comprend pas, même les enfants avec lesquels je joue me connaissent et je ne sais même pas comment ils s'appellent.
- Pourquoi tu ne leur demandes pas ? répond maman.
- Mais je leur ai demandé mais ils m'ont dit que je ne devais pas savoir. Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Tu n'as rien fait, ce n'est pas grave, vous n'êtes que des enfants, tu n'a pas besoin de les connaître, dit maman.
- Mais c'est difficile de parler à des personnes que tu ne connais pas.
Soudain mon père s'énerve et me dit en criant :
- Tu n'a pas besoin de savoir, mange, tu comprendras quand tu seras plus grande !
Alors comme mon père est énervé je ne réponds pas et reste interloquée.
Il est environ quatorze heures trente quand mes amis viennent me chercher pour aller jouer. Comme je suis inscrite au animations proposées pour les enfants de mon âge, ils m'accompagnent. Là-bas il ne s'est rien passé de spécial, mais alors que je ne connais pas les prénoms des moniteurs, eux me connaissaient.

A la fin des activités mes parents viennent me chercher il est environ dix-huit heures. Je rentre dans la chambre sans dire un mot, et ma mère me dit d'aller me laver. Après ma douche ils me demande de faire un peu de devoirs. A dix-neuf heures trente, nous partons au restaurant parce qu'il y a une grande réception donnée pour le premier départ. J'aperçois quelques-uns de mes amis, mais mes parents refusent que je parte avec eux. Nous sommes assis à une table, où se tiennent beaucoup de personnes très bien habillés, ils me regardent et me parlent. Mes parents me disent de ne pas avoir peur, et que ces gens ne me veulent aucun mal. Mais tous ces regards sont angoissants. Qu'ai-je fait pour être ainsi le point d'attraction systématique ?

La soirée est très animée, il y a une chanteuse que l'on écoute pendant tout le repas, et après commence une soirée dansante. Mais mes parents n'ont pas voulu rester car il est tard et je dois aller me coucher. Je me suis assise sur mon lit et j'ai écrit.
»

Tous les jours qui ont suivi ont été presque les mêmes : les mêmes événements se sont reproduits sans que Sacha puisse comprendre pourquoi tout le monde la (re)connaissait. Aujourd'hui l'énigme reste entière.

MV
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

La traversée de Sacha


Sacha Lenoir est une petite fille de huit ans qui habite un petit village de cinq cents habitants. Elle réside avec ses deux parents. Ces derniers décident d'aller en Angleterre par ferry. Arrivés sur le port du Calais, tous les gens autour de la famille les regardent, Sacha demande à ses parents pourquoi tout le monde les observe. Ils répondent : « Pour rien ma chérie, allez avance. » Arrivés aux quai, toutes les personnes les regardent encore. Sacha s'interroge sans arrêt et décide de poser une question à un vieil homme qui attend le ferry aussi. Sacha dit : « Monsieur, pourquoi vous nous regardez ? » Le vieil homme gêné s'en va et se perd dans la foule. Le ferry arrive, les personnes laissent Sacha et sa famille monter les premiers sur le bateau. Une hôtesse va les accueillir : « Bonjour mesdames et monsieur. Bienvenue sur le Deltas ». Elle les amène à leur chambre, la chambre la plus chère du ferry. Sacha surprise par la beauté de cette dernière demande à ses parents comment ils l'ont payée. Ses parents lui disent qu'ils ont économisé depuis longtemps. Sacha décide alors d'installer ses affaires et de faire une balade sur le bateau. Elle se promène sur le pont et fait la connaissance d'un petit garçon de son âge qui s'appelle « Jean Némar ». Le garçon connaît Sacha et lui dit : « Salut Sacha. » Sacha, surprise, lui demande comment il la connaît.
Jean répond :
« tout le monde te connaît ».
- Mais pourquoi ? »
Le garçon change de sujet et Sacha oublie sa question, dans l'insouciance de ses huit ans. Ils font plus ample connaissance et quand le soleil commence à se coucher les parents de Sacha l'appellent pour aller manger. Pendant le repas une violente tempête se déclenche, celle-ci secoue le ferry et son équipage. Le capitaine prévient tout le monde qu'il y a une tempête et qu'il faut s'accrocher et ne pas s'inquiéter. Après cette annonce, la panique gagne la foule et elle s'agite. Sacha cherche son ami Jean mais elle ne le trouve pas, Sacha demande à plusieurs personnes et ils répondent tous la même chose : « Il est passé part là. » Sacha suit leurs indications mais sa quête reste vaine. Les parents de Sacha l'emmènent et ces derniers s'enferment avec leur fille dans la chambre. Après la tempête le bateau s'étant légèrement dévié de sa route, une journée entière de navigation était nécessaire pour arriver en Angleterre. Pendant le reste du voyage Sacha chercha son ami mais ne le trouva pas. Arrivée en Angleterre Sacha dans sa chambre d'hôtel regarde la télé est apprend la mort de son seul ami. Déprimée elle va voir ses parents et leur explique, et elle leur demande pourquoi tout le monde les regardait. Ils lui disent pourquoi. Elle est désespérée et se sent trahie. Elle se suicide en se pendant dans sa chambre. Sacha est morte le 19 Juillet 1976.

CD
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

La mystérieuse aventure

Je m'appelle Claire, j'ai dix ans. Je viens d'emménager dans une petite ville au Nord de la Normandie. Nous déménageons car mes parents ont trouvé un nouvel emploi. Ma nouvelle maison est de construction ancienne, il paraît même qu'elle a était construite il y a plus de cent ans. J'adore cette maison puisqu'elle a une vue imprenable sur l'océan. J'essaie de me réjouir de ce changement pour faire plaisir a mes parents. Mais je passe le plus clair de mon temps dans ma chambre, pour mettre un peu d'ordre et enlever certains cartons. Je commence alors à inspecter les moindres recoins de cette pièce. La tapisserie avait une couleur vieillie. Derrière une armoire j'aperçois un creux dans le mur. Je glisse ma main a l'intérieur et j'en sors un petit carnet vraiment très usé. Il s'agit d'une sorte de journal intime écrit par une petite fille. Voici ce qu'il y avait d'écrit :

« 15 mai 1953,
Cher journal, moi Sacha Lenoir huit ans, vais prendre pour la première fois le ferry avec mes parents. Nous allons rejoindre grand-mère à Londres, et l'on restera pour quelques semaines afin de visiter le pays. J'attendais ce jour depuis si longtemps. Ce matin je me suis donc levée de bonne heure. J'ai pris mon petit-déjeuner. Ensuite je suis allée prendre mon bain avec maman. Pour ce jour si spécial j'ai mis ma plus jolie robe. Lorsque papa me vit il me dit qu'il était vraiment heureux d'avoir une fille aussi belle. Il me disait souvent que j'avais les yeux bleu de ma grand -mère, les mêmes boucles blonde que maman et enfin son sourire charmeur. Je marchais donc vers lui la tête haute, très fière de ce qu'il venait de me dire. Il me déposa un baisé sur le front.

Ca y est, nous partons enfin en direction du port de Calais chargés de nos valises. Je découvre alors l'immense paquebot. Très impressionnés nous grimpons à bord. Le capitaine lui même nous accueillit très aimablement, vêtu de son élégant uniforme bleu marine : « Madame , monsieur, Sacha, bienvenue. » Ce grand monsieur était très séduisant, maman aussi l'avait remarqué. Nous étions dans la suite numéro 210. Papa ouvrit la porte. C'est alors que nous découvrons deux chambres magnifique. Un grand lit spacieux sur le thème de la mer. Puis un petit lit recouvert de peluche pour moi. Il y en avait une avec mon prénom brodé. C'est donc celle-ci que je choisi pour m'accompagner tout au long de ce voyage.
Les rayons du soleil passait à travers les hublots. Ce qui me donna envie d'aller me promener sur le pont pour tenter d'apercevoir des dauphins ou autres animaux marins. Je demandai l'autorisation à papa. Il accepta mais me conseilla malgré tout d'être vigilante. Je reviens cinq minutes plus tard sans avoir vu grand chose à mon grand regret. Papa et maman voulaient faire un tour à l'intérieur du bateau afin de pouvoir se repérer convenablement. Puis à notre grand étonnement , une cérémonie de bienvenue a été organisée à mon intention sur le pont avant. Des banderoles aux couleurs vives arboraient mon prénom. Je vis également un énorme buffet remplis de nombreuses pâtisserie. Tous les passagers se mettent à crier : « Bienvenue Sacha ! ! » Je me retourne vers mes parents et demande : « C'est votre idée ? » Je vis papa et maman échanger des regards inquiets mais finissent par me dire un sourire forcé aux lèvres : « Allons chérie va profiter de cette soirée en ton honneur. » Je partis donc m'amuser, mais au fond je n'étais pas convaincue de la sincérité de mes parents .

Le lendemain le soleil était encore au rendez-vous. Je partis prendre l'air sur le pont accompagner de ma peluche. Je croisa le capitaine : « Ton séjour se passe bien Sacha ? » Je partis en courant, effrayée. Je commençais réellement à me poser des questions. Pourquoi tous ces gens me connaissent ? Ils m'appellent tous par mon prénom alors que je ne les ai jamais rencontrés. Déjà lors de la soirée de bienvenue il y avait écrit Sacha partout mais je n'y avais pas porté plus d'attention. Mais là j'ai véritablement peur. Je m'enfuis donc en courant. Une vielle femme me cria : « Ne cours pas Sacha tu vas tomber . » Et tout les passagers que je croisai avant de pouvoir regagner ma suite me regardèrent d'un air menaçant. J'entre vivement dans ma cabine, mes parents étaient sortis alors je décidai de les attendre ici. Je me couchai sur mon lit afin de me calmer, puis je m'endormis le cœur battant, mon sommeil fut très agité, je fis de nombreux cauchemars. Lorsque je me réveillai, je découvris mes parents attablés, une tasse de café fumantes dans les mains. Ils remarquèrent de suite que j'étais préoccupée. J'éclatai en sanglots, ne pouvant contenir mes larmes. Je leurs expliquai mes inquiétudes. Papa décida d'aller parler au capitaine pour essayer d'avoir plus d'explications. Ma mère me reporta dans mon lit. Lorsque je me réveilla nous étions arrivés à Londres, nous avions rejoins grand-mère. Je regardai mon papa et je lui demandai ce que lui avait répondu le capitaine. Mais il n'a jamais voulu répondre à mes nombreuse questions. »

Les pages restantes du petit carnet étaient blanches. Je regarde le journal durant un instant. Puis je le replace dans le creux. Et je décide de ne jamais parler de cette histoire.

ME
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

La fausse folie de Sacha

Au port de Calais, Sacha Lenoir huit ans embarque sur le ferry la Charlotte, elle s'installe dans la chambre 9 avec ses parents. Et c'est parti : départ de Calais pour l'Islande. Une fois les bagages dépliés Sacha sort de sa chambre pour directement aller à la piscine. Sur le chemin un homme l'interpelle :
- Sacha ?
- Oui c'est moi.
- Tu es bien Sacha Lenoir.
- Oui comment connaissez vous mon nom ?
- Tu as changé.
Et l'homme s'en va au loin. Sacha se presse d'aller avertir ses parents de cette rencontre.
- Maman Papa quelqu'un me connaît mais moi je ne le connais pas.
- Cela doit être un ami à nous, répond sa mère.
Sacha ressort de sa chambre, soucieuse. Elle retourne à la piscine. Une foule de monde accueille la petite Sacha. C'est festif, plein de guirlandes,de ballons de baudruches comme une fête d'anniversaire dirait-on.
- Bonjour Sacha ! Ravi de t'accueillir sur mon navire ,je suis le commandant.
Prise de panique la petite se met à pleurer et se presse d'aller annoncer la nouvelle à ses parents,
- Maman je n'en peux plus, il y a des gens là-bas, ils ont fait une fête pour mon arrivée sur le bateau.
-Allons voir, répond sa mère.
Les deux filles s'en vont à la piscine et là il n'y a plus rien.
-Cela doit être dans tes pensées ma petite chérie, lui explique sa mère.
-Mais non je suis sûre qu'ils étaient tous là, répondit la petite fille qui commence à sécher ses larmes.
-Bon rentrons, annonce sa mère, nous allons au restaurant du ferry.
La famille Lenoir s'asseoit à la table 4. Les parents commandent un plat de moules frites et la petite Sacha un steak frites. Le serveur arrive, présente les plats de moules frites aux parents et le steak frite à Sacha en lui disant:
-Tiens Sacha !
Sacha surprise demandent à ses parents:
- Vous avez entendu ?
- Entendu qui ma puce ?
- Ce que le serveur…, et elle montre du doigt un grand vide.
- Tu te sens bien Sacha?
- Mais il était là...
- Ca suffit ! crie son père, j'en ai marre de cette mascarade, rentrons. Elle doit être fatiguée.
Sacha, le ventre vide, qui a à peine commencé son plat se met à crier :
- Arrêtez de m'appeler par mon nom, je ne vous connais pas vous ne me connaissez pas, alors arrêtez!

Un grand silence envahit la salle et des murmures s 'élèvent : « Elle est folle ! »
- Ca suffit nous rentrons, cria le père.
La nuit tombe sur la Charlotte.
Alors qu'il fait noir Sacha sort de sa chambre pour découvrir ce qui se trame dans son dos : sans succès !
Alors qu'elle rentre dans le bureau du commandant plus précisément dans l'armoire elle ne trouve rien ! A part un petit ballon dégonflé caché dans un coin .
Le lendemain matin Sacha alerte ses parents de cette trouvaille :
- Maman, Papa regardez ce que j'ai trouvé !
- C'est quoi ?
- C'est un ballon qui a servi pour mon cadeau de bienvenue .
- Mais non cela devait être un ballon d'un anniversaire ! arrête un peu tu deviens folle !
- Je vais découvrir ce qui se passe ici !
- Non tu arrêtes de penser à ça et tu t'amuses un peu ! répond son père.
- Non je n'aime pas la piscine. Et elle s'en va en pleurant et en courant. Sur le chemin du retour, une porte est entrouverte. Elle entre, et elle découvre plein de photos prises à son insu accroché sur le mur.
Sacha se met à crier. Et à ce moment-là une main équipée d'un chiffon imbibé de chloroforme engloutit la bouche de Sacha. La petite fille est inconsciente.
Vers trois heures de l'après-midi Sacha reprend conscience dans une barque à l'arrière du Ferry. Elle se dépèche de retourner dans sa chambre pour retrouver ses parents.
- Maman j'ai trouvé une chambre ou il y a plein de photos de moi. C'est la chambre 4.
- Si tu veux allons voir.
Ils arrivent devant la chambre, celle-ci est fermée. La mère, Christine Lenoir, frappe à la porte.
Un homme vêtu de noir barbu,cheveux gras,répond
- Oui ?
- Bonjour, Monsieur. Ma fille prétend être venue chez vous et avoir vu plein de photos d'elle. Nous pouvons rentrer ?
- Oui allez-y cela doit être une erreur.
- Sa mère rentre mais Sacha reste sur le paillasson
- Rentre Sacha rétorque l'homme.
- Maman tu as entendu ?
- Quoi encore ? il n'y a rien dans cette cabine !
- Il m'a appelée par mon prénom
- Mais qu'est ce qui se passe ? dit l'homme
- Arrête Sacha tu es devenue folle !
- Tu penses vraiment cela ?
- Oui ! tu es énervante en ce moment.
- D'accord ! Adieu Maman !
A ce moment-là, Sacha se retourne, enjambe la barrière et saute dans la Manche ...
CC
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Juste après ça… Des sanglots

- Ils ont pas fini ? !
Et voilà ça fait une heure que je suis sur ce ferry et tout le monde me regarde. Pourtant je ne pense pas avoir quelque chose sur le visage, je vérifie on sait jamais. Non bah non, mes yeux sont bleus, mes joues sont propres, et ma robe n’est même pas tachée et le derrière non-plus…
- SACHA ! Viens voir ça ! C’est super, non ?
- Oh tu parles papa, ça fait vomir ton truc, moi je vais me balader sur le pont, sinon j’te jure que je vais vomir !
- Ne t’éloigne pas trop hein ? !
Papa il est gentil hein, mais qu’est-ce qu’il est lourd. Je vais me mettre sur une chaise et lire le livre que maman m’a acheté. « Doukipudonktant » et bien… Il commence bien ce livre, il dit des mots un peu zarbi, mais faut pas que je m’arrête là. Trois chapitres plus tard, des mamies me regardent avec un air pas trop normal… Elles chuchotent… P’t’être qu’elles aiment pas Quenau, Oh ! « Mon cul » comme elle dit Zazie.
- Ah ! T’es là toi ? On va peut être manger non ?
- Je viens de dévorer trois chapitres de ton bouquin, j’ai le bide plein !
Maman elle est trop cool, elle me fait lire plein de trucs marrants.
En tous cas ça ne résout pas le fait que tout le monde me regarde.
- T’es jolie c’est pour ça, me dit maman.
- C’est ça ! Mon cul ouais !
- QUOI ? T’as appris ça où toi ?
- Ton livre, « Zazie dans le métro ».
- Ouais, bien évite de nous faire « Sacha dans le bateau »
Oui, bon maman elle est cool, mais pour l’humour c’est pas encore ça. Je vais encore me balader, il parait qu’y a une salle de jeux. Tiens un baby-foot.
- Tiens ! Toi là-bas, on fait une partie ?
- Dac, moi c’est Max, et toi ?
- C’est Sa…Zazie. J’prend l’rouge !
- C’est étrange, ta tête ne m’est pas inconnue, t’es sûre que ton nom c’est Zazie ?
- Non mais je sais quand même ! Oh pis si t’es pas content moi je pars !
- Non Sacha reviens !
- Sacha ? ! Non mais t’as cru patate crue ? !
- Mais arrête on te connait tous ici, Sacha Lenoir ! Et laisse moi deviner, la couleur que tu aimes le plus est le vert, tu adores les Dragibus et ton film fétiche c’est Pocahontas
- AH ! Mais t’es un alien ! ! !
Sacha prend ses jambes à son cou.
- MAMAN ! ! !
- Calme-toi Sacha, me dit un gros bonhomme.
- Sacha, voyons, cours moins vite tu vas tomber, dit la grosse dame avec son cleps.
- Mais comment ça se fait qu’ils savent comment je m’appelle ? Puis en plus ils sont où les deux ? Mais c’est quoi c’t’endroit ? Je tourne en bourrique, les gens crient, hurlent mon prénom ça me résonne dans les oreilles, ma tête est comme une bouteille d’eau qu’un sale gamin ferait rebondir sur une table, et ça tourne, tourne, tourne, tourne… Et ce pauvre type au baby-foot qui me connaît par cœur, il faut que je continue, si je m’arrête ils m’auront tous ! Je suis seule… Je n’entends plus rien. Un bruit revient, un écho, je ne sais pas ce que c’est, ni où je suis, ici tout le monde me connaît, je ne sais pas où sont papa et maman. Je n’ai plus rien, juste mon sac à dos… Je peux bien l’ouvrir. Tiens Zazie… Mais pourquoi elle s’endort dans le métro. Elle est bête c’est ce qu’elle veut voir depuis le début. Il faut que j’avance, je sais que je suis sur ce fichu bateau, oh pis en plus il fait noir !
- SACHA ! ! !
- Oh non je suis encore suivie !
- SACHA ! dit-il
-Sacha ! ! ! dit-elle
-Sacha ? Par ci
-Sacha ? ! ! Par là
-Sachaaa ? à droite
-Sacha ! à gauche
-Sacha, Sacha, Sacha, Sacha, Sacha, Sacha, Sacha, Sacha, Sachaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa…
C’est un trou noir.
Flash Special : Sacha Lenoir, huit ans, jolie comme un cœur, ayant deux parents aimants. Vous la connaissez, vous la voyez tous les jours. Si vous l’apercevez, contactez les services de police.
Juste après ça… Des sanglots.

LB
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Inconnue (... ou pas ! )

Tout a commencé sur ce ferry quand j'avais huit ans. Je m'apprête à embarquer pour aller en Corse, lorsqu'un un vieux monsieur m'aborde pour me proposer d'échanger sa place en première classe contre la mienne en seconde. A ce moment-là, je n'ai pas compris ce geste si attentionné et si amical. Vu mon jeune âge, je n'avais aucune envie de passer cette traversée sans mes parents. Cette réaction m'a étonnée, jamais personne n'aurait était assez fou pour faire cette proposition ! Mais pourtant cela vient d'arriver... je lui ai demandé pourquoi il me les offrait, il a ri et m’a dit : « Tu es une petite rigolote à ce que je vois ! » Et le vieillard s'en est allé en me laissant les billets. Je cours raconter cela à mes parents, ils sont aussi étonnés que moi mais on décide de profiter de l'aubaine ! Et on embarque pour la première classe. Un jeune homme m'accueille et me dit : « Ah Sacha, nous t'attendions avec impatience. C'est un grand plaisir pour nous de recevoir, dans ce ferry, quelqu'un comme toi. Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle moi ! ». Mes parents et moi, bien étonnés, entrons dans cette suite. Je pose ma valise et me tourne vers eux.
« - Maman, pourquoi le monsieur il connaît mon nom ?
- Bah écoute ma chérie, je ne sais pas... Il l'a peut être lu sur la réservation. Il y a de toutes façons forcément une explication ma puce. Qu'en penses-tu René ?
- Je trouve que tu as raison Sophie, répond mon père. Il y a forcément une explication toute bête ! ».
Un vieux monsieur vient toquer à la porte :
« - Entrez ! ordonne mon père.
-Bonjour, je suis le commandant du bateau. Je viens vous apporter le programme des manifestations qui seront organisées pendant le séjour. Il se retourne vers moi et me dit :
-Sacha, je serais ravie si tu venait t'amuser avec nous à ces manifestations ! Préviens moi pour les inscriptions. »
Lui aussi connaît mon nom ! Mais je ne peux lui demander pourquoi car un serveur arrive et demande au commandant de venir avec lui. Les deux hommes disparaissent vers la salle des commandes. Sur le programme que le commandant nous a apporté, je sélectionne cinq activités qui me plaisent. Ma mère et moi partons donc à la rencontre du commandant pour les inscriptions. J’ai aussi l’espoir secret de lever l’énigme...
L'après-midi même se déroule un match de waterpolo pour les enfants dans la piscine du ferry. Je pars de ma suite, accompagnée de mes parents, pour me rendre à cette piscine. A mon arrivée là bas, je jette un regard vers les gradins. Alors, je m'aperçois qu'une banderole, où mon nom est marqué, est tenue par quatre personnes dont le visage m'est inconnu. Ils sont eux-mêmes entourés d'une trentaine de personnes qui crient mon prénom. C'est comme cela que je comprends qu'ils ont tous fait le déplacement pour me voir. Tout ces gens viennent me supporter ! Pour une petite fille de huit ans cela parait invraisemblable ! Je suis comme dans un rêve. Mon inscription au match de waterpolo a fait le tour du bateau, et j'ai l'impression que mes supporters ont bloqué leur après-midi pour moi ! Les autres enfants arrivent, nous formons les équipes et le match commence. Les supporters font un tel vacarme que nous les entendons au fond du bassin.

L'après-midi touche à sa fin et nous sortons de la piscine. Nous avons fait un match nul mais je suis déçue car je n'aime pas perdre : j'ai un esprit compétitif ! Mais je repars dans ma chambre en ayant tout de même passé un excellent moment. Être une star même si l’on ne sait pas pourquoi est plutôt grisant !

Après un repas simple et rapide avec mes parents, nous nous dirigeons vers une salle à la fois grande et conviviale. Au bout à droite de la salle, il y a une télé munie de deux micros posés dessus. Contre les murs de cette pièce, il y a des canapés d'angle avec une table basse ronde, pour poser les consommations préparées par le bar. Ce dernier est situé au bout à gauche de la salle. Entre la télé et le bar, un petit espace est aménagé pour les chanteurs. Au milieu de la pièce, plusieurs rangées de chaises sont disposées. Cette salle est donc l'endroit où se déroulera le karaoké. Les chansons s'enchaînent, lorsque, au beau milieu de la soirée, le présentateur nous dit : « Nous arrivons à une chanson de Daniel Balavoine intitulée Je ne suis pas un héros, je pense que cette chanson s'adresse à quelqu'un en particulier dans la salle et j'aimerais qu'elle vienne nous la chanter. » Je sens tous les regards se retourner vers moi, et j'entends quelqu'un crier : « Pour Sacha hip hip hip ! », et je pense que vous connaissez la suite... Je comprends que c'est à moi que l'on demande d'aller chanter. Malgré ma surprise et le fait que je ne vois pas en quoi cette chanson m'est destinée, je saisis la main de mes parents. Nous nous levons et allons vers la télé. Nous pouvons entendre pendant notre déplacement un tonnerre d'applaudissements. Nous commençons notre chanson et nous pouvons entendre une ola se préparer.

Une fois la chanson finie, nous retournons nous asseoir. Les chansons continuent, les chanteurs se dépassent et la soirée est plus que réussie. Il est déjà tard quand la soirée se termine, je vais me coucher directement. La première journée sur le bateau a été très amusante mais fatigante.

Le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil, je me lève tranquillement vers dix heures. A partir de onze heures, je décide d'aller faire un tour sur le ferry pour me faire des amis. Quelques minutes plus tard, je rencontre un garçon de dix ans dénommé Max. Nous avons passé la matinée ensemble, je lui ai montré ma suite et il m'a emmenée voir la sienne. L'heure du repas approche, il me propose de manger chez lui. Nous allons donc demander la permission à mes parents. Je leur présente Max. Malheureusement mes parents ont déjà commencé à préparer à manger, mais ils me promettent que je peux aller dîner le soir chez lui. L'invitation n'est que partie remise. Je reste dans ma suite pour manger et Max repart dans la sienne.

Nous mangeons puis nous nous dirigeons vers la salle de cinéma pour voir la projection. Le film est intitulé le Médaillon; l'un des acteurs principaux est Jackie Chan. En résumé, le film raconte l'histoire d'un jeune enfant qui possède une partie d'un médaillon et qui doit réunir les deux parties pour délivrer les pouvoirs magiques. Il se fait enlever et un policier le recherche pour le protéger... A la sortie du cinéma, un jeune couple vient me voir et me dit :
« - T'es-tu reconnue dans ce film Sacha ?
- Euh... Non, dis-je d'un ton timide, étonnée. »

Après la séance de cinéma, je me rends chez mon ami Max. Nous passons la fin de l'après-midi ensemble, à nous promener dans le bateau pour repérer un peu où nous pourrions passer notre temps. Ensuite on se dirige vers sa suite pour aller manger. Je passe la soirée chez Max. Il vient ensuite dormir dans notre suite. On a parlé très tard donc mes parents nous ont réveillés vers dix heures pour préparer nos affaires. Et oui c'est déjà la fin de notre traversée, et malheureusement sûrement le dernier jour où je vois Max... Nous passons la matinée chacun dans notre suite pour faire nos valises. Ensuite nos deux familles se réunissent au restaurant pour fêter l'arrivée proche en Corse.

L'après-midi a lieu une comédie musicale. A mon arrivée, dans la salle, un jeune homme vient nous voir pour nous proposer de nous installer. Nous arrivons, mes parents, Max et moi, le tapis rouge est déroulé, et il y a quatre places V.I.P. où l’on nous demande de nous installer. La comédie est une représentation de Roméo et Juliette. De cette pièce je connais seulement la fameuse scène du baiser, mais je n'ai jamais vu cette pièce en entier. J'ai adoré cette pièce, comme toutes les petites filles de mon âge je pense. Car qui n'aime pas Roméo et Juliette ?

Après la sortie de la salle, nous allons chercher nos valises dans nos suite respectives. Ensuite nous nous mettons dans un des endroits que l'on a trouvés en faisant le tour du bateau. De cet endroit nous pouvons apercevoir la mer et voir le bateau se rapprocher de la Corse puis s'amarrer au quai. Nos parents nous rejoignent et nous nous dirigeons vers la sortie.

A ma descente du bateau, une cinquantaine de journalistes nous bombardent de flashes. A ce moment-là cela ne me dérange pas d'être connue, comme chaque fillette de mon age, on rêve toutes d'être plus ou moins connues. Mais quand j'ai grandi, surtout à partir de l'adolescence, j'aurais aimé savoir. Je cherche toujours mais je n'y crois plus vraiment.


MBP et LS
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

La déchéance de Sacha

Sacha Lenoir et ses parents ont attendu des heures le ferry de Porto. C’est un Ferry colossal et luxueux, dont la hauteur avoisine les trente mètres, qui, par ses nombreuses lumières, intrigue fortement Sacha. Cette dernière a des couettes blondes, et une petite bouille ronde respirant l’innocence. Elle est impulsive, hyperactive, constamment en mouvement. Monsieur Lenoir est âgé d’une trentaine d’années, dans la force de l’âge, robuste, fort, d’une carrure impressionnante, sûr de lui : c’est le genre d’homme avec qui il vaut mieux ne pas avoir de problème. Madame Lenoir est exactement l’inverse de son époux : elle est plutôt petite, fluette et chétive, en retrait, avec un instinct maternel omniprésent. Pendant que les parents s’installent dans une suite, la petite fille court sur le pont supérieur. Sa démarche encore peu assurée, le tangage et le parquet récemment ciré la font trébucher. Bien qu’elle n’ait pas mal, Sacha se met à pleurer de toutes ses forces dans l’espoir qu’une personne charitable vienne l’aider à se relever. Comme personne n’accourt, elle sèche ses larmes, se relève et se remet à courir. C’est alors qu’elle heurte une énorme femme – sa robe à fleur aurait pu servir de tente pour six personnes – accompagnée de son caniche. Elle n’est visiblement pas née avec le gène de la féminité. Elle s’exclame :

-Ah, c’est toi Sacha !
-Comment connaissez-vous mon nom ? Je ne vous connais pas.
-Ah, ça je n’ai pas le droit de te le dire, tes parents sont bien installés à bord ?

Mais elle n’obtient pas de réponse car la petite fille est déjà repartie avec l’insouciance de ses huit ans. Elle revient donc dans sa suite. Celle-ci est une pièce lumineuse de style marocain pour le séjour qui comporte une table, des chaises, un canapé, une télévision et une petite salle de bains dont le robinet laisse s’échapper un mince filet d’eau faisant régner une constante humidité dans la pièce. Une chambre spacieuse pour les parents et une autre pour la petite fille leur permettent de se reposer.


Sa mère lui demande :
- Alors, ça va ma puce ?
- Oui, mais il y a une dame qui connaît mon nom alors que je ne me rappelle pas d’elle.
- C’est pas grave, elle doit t’avoir entendu prononcer ton nom pendant que tu t’amusais ; tu veux m’aider à défaire les valises ?
- Non, je vais m’amuser dans la piscine avec mon ours en peluche.
- Mais non, après ton ours il sera tout mouillé !

Son ours en peluche sous le bras, elle repart donc en direction de la piscine. Elle court, elle court si vite que l’on ne voit plus ses petites jambes. En arrivant, la fragile petite fille se rend compte qu’elle a perdu Azouz, son doudou. Ce dernier auquel il manque un œil le deuxième partira bientôt – n’est plus qu’un amas de plumes. Elle revient donc sur ses pas pour essayer de le retrouver mais elle n’arrive pas à mettre la main dessus. Au moment où elle commençait à désespérer, son père et sa mère arrivent vers elle, son cher et tendre Azouz à la main.

- Ah, bah te voilà Azouz, je te cherchais partout !
- Tu as laissé ton ours en peluche traîner, imagine ce qui se serait passé si quelqu’un te l’avais pris ?
Sacha prend donc son doudou dans ses petits bras et lui fait plein de bisous.
- Bon, on va fêter ton anniversaire au restaurant, veux-tu une pizza ou une crêpe ? demande le père.
- Je veux une pizza ET une crêpe.

Quelques minutes plus tard les Lenoir arrivent au « grand large », le restaurant du Ferry. Les parents commandent tous deux des accras de morue et Sacha une crêpe au sucre. La petite fille mange goulûment le fruit de son attente, les parents se demandent ce qu’ils vont faire de leur après-midi. Une fois le plat principal terminé, les parents réclament un gâteau en l’honneur de leur fille. Quelle n’est pas leur surprise de voir que, sur celui-ci, il est inscrit «bon anniversaire Sacha ». Les parents aperçoivent alors un officier du bateau, flânant. A la magnificence de son costume, à son béret aux couleurs de la république française, à la sécurité de sa démarche, on pouvait deviner chez cet homme un marin chevronné, ayant affronté maintes fois les océans. Ils l’interpellent, lui demandent pourquoi il est inscrit le nom de leur fille sur le gâteau alors qu’ils ne leur avaient pas communiqué. Il répond qu’il n’en sait rien, qu’il applique juste ce qu’on lui demande.

La mère de Sacha se demande :
- Mince, c’est bien vrai ce que dit Sacha, les gens connaissent son nom alors qu’on ne les a jamais vus. Mais comment est-ce possible ? C’est tout de même étrange !

Sacha et ses parents se réveillent avec la bonne humeur du matin. Ayant pris son petit déjeuner, la petite fille s’habille, se brosse les dents puis fait ses devoirs de vacances. Son père l’aide lorsqu’elle n’y arrive pas. Puis la petite fille fait une partie de scrabble avec son ours en peluche. Ce dernier perd la partie, Sacha le console avec une voix qu’elle veut rassurante :
- Ne t’inquiète pas Azouz, tu gagneras peut-être la prochaine fois...

Puis les parents et leur petite protégée se baladent sur le pont supérieur du bateau. Ces derniers croisent alors le capitaine. Celui-ci est un marin d’expérience, bourru, lunatique, portant une vareuse verte. Vous le croisez une fois le matin, vous ne souriez plus de toute la journée !
- Bonjour messieurs-dames, tout se passe comme vous voulez ?
- Oui, tout est parfait.
Le capitaine se penche alors vers la petite fille et lui demande :
- Alors Sacha, est-ce que tu aimes mon navire ?
- Comment ça se fait que tout le monde connait le nom de ma fille !
- Eh bien, qui ne connaît pas le nom de cette charmante demoiselle ?

Puis le commandant de bord sourit ironiquement, et explique qu’on a besoin de lui.
Et c’est sur ces mots que la famille et le commandant se quittent. Sacha s’éclipse discrètement, s’échappe des bras de sa maman, puis elle se met à courir dans les couloirs. Tout à coup elle s’arrête, se rend compte que quelqu’un la suit avec un regard menaçant et une table roulante sur laquelle sont disposés plusieurs couteaux de cuisine. Affolée et prise de paranoïa, Sacha marche un peu plus vite. L’inconnu accélère, elle se met à courir, puis l’homme l’interpelle par son prénom, la rattrape, lui demande si tout va bien, la petite fille lui retourne la question. Elle tente à nouveau de s’enfuir mais l’inconnu la rattrape par le col et lui dit :
- Tu as oublié une de tes billes sur ton lit.
- Ah, merci.
C’est alors qu’elle se rend compte que, lui aussi connaît son prénom.
- Comment vous connaissez mon nom ?
- Si je connais ton nom, c’est parce que tout le monde le connaît aussi.
- Pourquoi tout le monde le connaît ?
- Parce que c’est comme ça.

Sacha retrouve enfin ses parents, lui raconte sa mésaventure. La mère, qui veut rassurer sa fille, lui dit que ce n’est rien, juste un cuisinier.
Mais cette explication ne convient pas à la petite fille.
Les Lenoir et Azouz continuent leur balade, déjeunent au restaurant, puis revoient l’officier qui a servi le gâteau d’anniversaire de Sacha et lui demande pourquoi tout le monde connaît le nom de leur fille, il ne répond pas et s’enfuit vers le pont du dessous.
Sacha et ses parents le poursuivent pour connaître le motif de cette énigme, et arrivent dans une salle gigantesque où, au milieu, trône une machine dont la taille est proportionnelle à celle de la pièce. Ils voient l’officier, le père lui assène un plaquage digne d’un des meilleurs joueurs de rugby. Les Lenoir l’immobilisent, lui demandent à quoi sert cette machine monstrueuse. C’est à ce moment-là qu’arrive le capitaine qui ordonne fermement à tout le monde de sortir. A ces mots, les Lenoir quittent la salle dont l’intérieur leur restera inconnu.

La petite famille retourne dans sa cabine pour se remettre de leurs émotions. La mère fait un tour de clé, puis ouvre la porte. Mais Sacha découvre alors un détail : bizarrement, et sans que cela puisse paraître rationnel, les draps de son lit son défaits alors que sa chambre était fermée à clé. Elle rapporte donc cette anomalie à ses parents qui, eux aussi, trouvent cela bizarre. Le père décide de mener sa petite enquête : à en juger par les draps du lit de Sacha, la personne qui est entrée devait être un petit enfant. Le père, accompagné de sa fille, demande donc à tous les petits qu’ils croisent s’ils sont entrés dans la treizième cabine du deuxième étage :
- Excuse-moi mon petit, as tu aperçu quelqu’un entrant dans la treizième cabine du deuxième étage ?
- La cabine de Sacha, bien sûr que non ; qui oserait y entrer ?
- Toi aussi, tu connais mon nom, mais pourquoi ? rétorque Sacha.
- Mais pourquoi je ne connaîtrais pas ton nom ?
- Tu n’es pas censé le connaître.
A peine Sacha a-t-elle fini sa phrase que le petit garçon part en courant. Son père ne parvient pas à le rattraper malgré son jeune âge et tous ses efforts. Soudainement en proie à un de ces découragements profonds, monsieur Lenoir dit à sa fille :
-Ne t’inquiète pas, on finira par comprendre pourquoi tout le monde connaît ton nom !

Tout à coup, la petite fille se met à courir sur le pont. Mais ce que personne n’attendait arrive : Sacha trébuche, et tombe sur un tabouret couché par terre : le coup du lapin.

FAITS DIVERS
Une jeune fille de huit ans est retrouvée morte à bord d’un ferry portugais, est-ce d’origine criminelle ? Un accident ? Des experts travaillent actuellement pour y répondre et nous vous tiendrons informés.


VL
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Etre connue ou ne pas être connue ?

Je viens d’emménager à Rouen, (rue de La Champmeslée), en plein centre ville pour suivre mes études d’art. Le premier matin, je me dirige vers la boulangerie pour une simple baguette. Mais il s’est passé quelque chose de vraiment étrange. Je me suis avancée vers la boulangère, et elle m’a dit avec un grand sourire:
« -Bonjour mademoiselle Lenoir! Qu’est-ce que je vous sers?
- Comment connaissez-vous mon nom? ai-je demandé très intriguée.
-Moi ? ! Mais je ne le connais pas, comment voulez vous que je le connaisse? Me répond -elle du tac-au- tac d’un air un gêné tout de même. »
C’est très bizarre mais quand j’y repense, cela me rappelle mon enfance.

Ma mère, Nora, participait sans arrêt aux jeux radio et tous les soirs, quand on était à table elle racontait à mon père, Pierre, a quelle radio elle avait téléphoné et ce qu’elle pensait gagner. Un après-midi alors que je faisais mes devoirs ma mère a couru vers moi tout en rigolant avec les larmes aux yeux. Elle m’avait annoncé qu’on partait pour Londres la semaine suivante et que le voyage se ferait en bateau.

J’étais tellement contente, c’était la première fois que j’allais prendre le ferry ! C’était l’été de mes huit ans, je m’en souviens comme si c’était hier. Dès mon arrivée à bord du bateau, le personnel me salua. J’était heureuse je pensais que c’était mon bateau à moi toute seule, que c’était mon équipage et que tout le monde était à mes ordres, c’est comme ça que j’occupais mes heures perdues : en rêvant !

Vers seize heures ce jour-là, mon père m’a donné cinq euros pour que j’aille m’offrir un paquet de bonbons. Je suis rentrée dans la boutique avec un grand sourire sur mes lèvres. J’ai choisi mes sucreries préférées et me suis dirigée vers la caissière :
« Bonjour madame! – je criais presque

- Bonjour ma petite Sacha ! me répond-elle d’un air ému. »
Je lui dépose mes petites pièces jaunes sur le comptoir mais elle se montre surprise et à la fois gênée :
« - Voyons Sacha, tu ne vas tout de même pas dépenser tes sous là-dedans, garde-les pour autre chose, ce paquet je te l’offre !
- Vous êtes sûre madame ? Ma maman me dit toujours de payer tout ce que je prends dans un magasin.
- Mais oui ne t’inquiète pas ma petite, tu peux même en reprendre davantage. Vas-y fais toi plaisir ! s’exclame-t-elle avec un immense sourire benêt. »


Puisque elle insiste je remplis mon sachet de plus belle, jusqu’à ce qu’il déborde. Après cet épisode un peu étrange, je me suis installée sur une chaise, sur le pont en dandinant mes jambes et en dégustant mes fameux bonbons. Juste quand j’attaquais l’un de mes bonbon préféré, une petite fille un peu plus vieille que moi vient s’installer juste à mes côtés :
« - Salut !
- Coucou
- Tu veux un bonbon ? dis-je poliment.
- Je ne me permettrais pas, surtout les tiens Sacha !
- Bah pourquoi ? Ils sont bons tu sais ? ! Hé mais comment tu connais mon prénom d’abord ?
- Euh je ne sais pas, je l’ai deviné, dit-elle d’un air perturbé.
- Mais j’en ai marre moi ! Tout le monde connaît mon prénom, alors que moi je n’en connais aucun, c’est pas juste ! »
J’ai presque les larmes aux yeux quand me vient une idée complètement farfelue.
« - J’ai trouvé, je vais changer de prénom comme ça les gens, ils se tromperont à chaque fois qu’il m’appelleront Sacha.
- Mais enfin tu ne peux pas. Tout le monde t’adore, t’admire et t’envie. Toutes les petites filles rêvent d’être à ta place, tu peux pas changer d’identité comme ça, d’un seul coup !
- Je fais ce que je veux d’abord. Et puisque tu m’énerves, je m’en vais. » Vexée, je pars pleurer dans les jupons de ma mère. Je lui explique tout. En partant du personnel, jusqu’à la fille en passant par la vendeuse. Ma mère essaie de me rassurer en me disant que cela vient de mon imagination. Même si c’est l’explication la plus plausible, je n’arrive pas à penser que j’ai inventé tout cela.

Alors vu que je n’avais que huit ans et que je me disais que j’aurais la vie pour comprendre cela, je laissai passer ces événements et retournai jouer avec mes poupées dans ma chambre en attendant l’arrivée.

Le cauchemar allait-il recommencer ?

SS
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Désert en Mer

Un soleil froid et morne se couchait sur la Manche. Une jeune fille l'admirait, agrippée à la balustrade du ferry à destination de Londres. Cette fille âgée de huit ans était comme toutes les petites filles de son âge. Elle avait de longs cheveux bruns noués en tresse dans le dos. Ses yeux d'ordinaire bleus avaient pris de beaux reflets verts, inondés par l'éclat orangé du soleil couchant. Un homme d'une trentaine d'années l'observait de loin, semblant la reconnaître sans parvenir à se rappeler son nom. L'ayant remarqué, la fillette fit mine de l'ignorer. « Pourquoi me fixe-t-il comme ça, lui ? » pensa-t-elle. L'astre rougeoyant disparaissait derrière l'horizon, la luminosité baissait de minute en minute. Dans la pénombre, le ferry aurait pu paraître abandonné s’il n’avait pas été éclairé. L’obscurité et le fait de se retrouver seule avec un homme qui la regardait bizarrement ne rassuraient guère la jeune fille. Cette dernière se précipita à l’intérieur pour rejoindre ses parents. Ces derniers étaient à la cafétéria.
– Papa ! Maman ! s'écria-t-elle.
– Ah, te voilà, Sacha , lui répondit son père.
– Papa, il y avait un monsieur qui me regardait bizarrement sur le pont.
– Ah, oui ? Peut-être te trouvait-il jolie... ?
– J’ai peur...
– Ne t’inquiète pas , tu te fais des films. Tu veux quelque chose à boire ?
– Oui, un chocolat chaud.
– Le chocolat de Sacha ! annonça un serveur en lui apportant une tasse fumante.
– Excusez moi, jeune homme, intervint sa mère, nous n’avons pas encore commandé. Comment saviez vous...
– Mais enfin, c’est ce qu’elle commande à chaque fois !
– Mais c’est la première fois que nous...
– Au revoir ! lança le serveur en s’éloignant.
La confusion régnait autour de la table. Les parents de Sacha ne comprenaient pas ce qu’il venait de ce passer. La fillette paraissait plus désorientée que ses parents. Comment le serveur connaissait-il son nom ? Sacha et ses parents avaient les yeux rivés sur le chocolat chaud qu’avait apporté le serveur. Elle n’osait pas y toucher. Les Lenoir déposèrent l’argent sur la table, se levèrent, et partirent. Sur le chemin de leur suite, les gens se retournaient sur leur passage, dévisageant Sacha. Cette dernière prit la main de sa mère, de moins en moins rassurée. Un jeune homme de l’équipage les accueillit devant la porte de leur suite :
– Ah, vous voilà ! Ce sont tes parents Sacha ?
– Comment connaissez vous mon nom ? cria-t-elle.
– Bien, je vous souhaite un agréable séjour sur le ferry, bon voyage !
– Attendez ! ordonna monsieur Lenoir.
Mais le jeune partit, indifférent aux cris de la fillette et aux vociférations de son père. La mère ouvrit la porte.
– Ah ! Et les valises ? s’étonna son mari. Où sont les valises ?
– Elle sont là, dit la mère, d’une voix aussi faible qu’incrédule.
– Comment...
– J’ai pris la liberté de vous les faire apporter, intervint un homme.
C’était celui qui regardait Sacha sur le pont. L’ayant reconnu, la peur la gagna .
– Papa, c’est lui qui me regardait sur le pont, tout à l’heure.
– Qui êtes vous ? Que voulez vous ? dit ce dernier, méfiant.
– Eh bien Sacha, tu ne me reconnais pas ?
– Je... Je ne vous ai jamais vu.
– Laissez-nous maintenant, ordonna la mère de Sacha d’un ton glacial.
– Bon... Je ne vais pas t’importuner plus longtemps. Bonsoir, Sacha.
Ils le regardèrent partir, jusqu'à ce qu’il se retourne au bout du couloir. En s’installant, ils repensèrent aux personnes qui avaient reconnu Sacha, alors qu’ils ne l’avaient jamais vue.
Quand ils furent couchés, monsieur et madame Lenoir lurent. Sacha était perdue dans ses pensées. Les événements de la soirée l’avait quelque peu marquée. Tout à coup, les lampes s’éteignirent.
– Qu’est-ce que c’est ? s’écria Sacha, effrayée.
– Ce n’est rien, ce doit être une panne de courant.
– Essaye de dormir, ma chérie, rassura sa mère.
– D’accord...
Elle s’endormit en quelques minutes.
Aux environs de minuit, la fillette se réveilla en sursaut, en criant.
– Qui y a-t-il ? s'inquiéta son père.
Ils étaient tous là ! Le serveur, le monsieur de l’accueil, le monsieur du pont !
– Calme-toi, tu as fais un cauchemar.
On frappa à la porte. Monsieur Lenoir se leva et ouvrit. Un homme d’une quarantaine d’années entra et s’adressa directement à Sacha :
– Je suis désolé Sacha. Le générateur principal est en panne et nous ne pourrons pas repartir avant que mes techniciens ne l’ait réparé.
– Qui êtes-vous ? demanda la fillette, toujours apeurée.
– Tu ne me reconnais pas ? Je suis le capitaine de ce ferry voyons !
– C’est le première fois que nous prenons ce ferry, monsieur, dit madame Lenoir.
– Nous devrions repartir dans la matinée de demain. Bonsoir.
Le capitaine sortit et ferma la porte derrière lui. Un silence froid et tendu flottait dans la pièce. Tout à coup, Sacha éclata en sanglots :
– Pourquoi tout le monde connaît mon nom ?
Ses parents se regardèrent et ne répondirent pas.
– Ça suffit, dit le père fermement. Il va me dire pourquoi il connaît ton nom. De gré ou de force !
Il sortit d’un pas décidé. Des larmes coulaient encore sur les joues de la petite fille. Elle attendit avec sa mère pendant une heure, puis deux. Arrivée à la troisième heure d’attente , voyant sa fille endormie, madame Lenoir décida de rejoindre son mari.
Quand elle se réveilla, Sacha ne trouva ni son père ni sa mère dans la suite. Le réveil sur la table de chevet indiquait trois heures du matin. Elle risqua quelques pas dans le couloir, avança prudemment jusqu'à arriver au pont. Il n’y avait pas âme qui vive. A trois heures du matin, cela aurait pu paraître normal si une étrange atmosphère n’enveloppait pas le ferry. Elle chercha la cabine du capitaine pendant un moment. Quand elle l'eut enfin trouvée, elle constata qu’elle était vide. La fillette commença à paniquer. Elle fit le tour du bateau mais ne vit personne. Aucune suite n’était occupée. Sacha était incontestablement seule sur le bateau, en panne, au beau milieu de la Manche...


RL
2010 Ecrire avec, lire pour © droits réservés

Classe de première (19 nouvelles)
Classe de première (19 nouvelles)